Un nouveau rapport remet en cause l'efficacité de certains génériques

SANTÉ 'Académie de médecine rouvre le débat avec un nouveau rapport...

Nicolas Bégasse
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Illustration: Des médicaments génériques.
Illustration: Des médicaments génériques. — DURAND FLORENCE/SIPA

Un rapport de l’Académie de médecine vient relancer le débat sur les médicaments génériques, en soulignant qu’ils ne sont pas des copies conformes des produits de référence, rapporte le Parisien ce lundi.

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Les génériques, dont l’usage est recommandé par l’Assurance maladie, coûtent moins cher que le médicament original –ou princeps- mais contiennent la même molécule. La différence majeure entre générique et princeps vient des excipients, c'est-à-dire ce qui complète la molécule et qui apporte au médicament son goût, sa couleur et sa consistance. Or, les excipients «ne sont pas neutres», rappelle dans le Parisien l’auteur du rapport de l’Académie, le Pr Charles-Joël Menkès.

Les génériques «à marge étroite» dans le viseur

Il rappelle que le goût du produit, son conditionnement ou encore les éventuels allergisants qu’il contient peuvent avoir une mauvaise influence sur la prise du médicament, «notamment chez les enfants et les personnes âgées». Il souligne aussi que la bioéquivalence entre générique et princeps n’équivaut pas forcément à une efficacité équivalente.

Alors, inefficaces les génériques? Non, ou presque. Le Pr Menkès n’avoue l’inquiétude de l’Académie de médecine que pour les génériques dits «à marge étroite», «pour lesquels toute variation de concentration, même légère […], peut compromettre le traitement et entraîner des effets indésirables.» Selon le rapport, cela concerne des antiépileptiques, des anticoagulants, des hypoglycémiants, de la thyroxine, certains antibiotiques et des médicaments destinés aux malades du cœur.

Mais, conclut le Pr Menkès: «Dans la plupart des cas, les génériques ne posent aucun problème.»