Prothèses PIP: Chantal Jouanno prend la tête d'une mission d'information parlementaire

INFO 20 MINUTES La sénatrice UMP et ancienne ministre va présider une enquête sur les suites à donner, au niveau réglementaire et législatif, à l'affaire des prothèses PIP...

Nicolas Bégasse

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Chantal Jouanno, le 27 septembre 2011 à Paris.
Chantal Jouanno, le 27 septembre 2011 à Paris. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

La sénatrice UMP de Paris Chantal Jouanno a pris la tête mardi en début de soirée d’une mission d’information parlementaire portant sur «les dispositifs médicaux implantables et les interventions à visée esthétique» –en clair, sur les suites à donner au scandale des prothèses PIP.

La création de cette mission a lieu trois mois jour pour jour après le premier signalement, à Marseille, du décès d’une femme des suites d’un cancer provoqué par la rupture d’une prothèse mammaire de la marque PIP (Poly Implants Prothèses). Un mois et demi après, l’ancien patron de cette société installée dans le Var et fermée en 2010, Jean-Claude Mas, reconnaissait avoir produit et utilisé un gel non homologué pour la fabrication de ses prothèses et avoir dissimulé ses pratiques à l’organisme allemand, TÜV, chargé de contrôler la qualité des prothèses.

Identifier les «points creux» de la réglementation

La mission, qui devrait se composer de 27 sénateurs, «a pour priorité absolue la prévention d’un nouveau scandale de santé publique», a affirmé Chantal Jouanno à 20 Minutes, faisant référence aux affaires du Médiator et des prothèses PIP. Et pour ce faire, les sénateurs tenteront d’identifier les «points creux» de la réglementation.

A la clé: des recommandations au niveau européen mais aussi, sur le plan national, une intention de légiférer car, comme le souligne la présidente de la mission: «Il faut prendre conscience que l’on est vraiment face à un problème de santé publique.»

Jusqu’à cet été et la conclusion de la mission, ses membres comptent auditionner largement, des professionnels de la santé aux associations de patients en passant par les organismes de sécurité sanitaire (Afssaps, Haute autorité de santé, etc.). Et même des psychologues et des anthropologues, selon Chantal Jouanno. Car au-delà de la dimension de prévention d’un prochain scandale sanitaire, c’est à la dimension sociétale que compte s’intéresser la mission. En faisant en sorte, par exemple, que les personnes sujettes aux interventions médicales à visée esthétique soient considérées non plus comme des clients, mais comme des patients.