Le sommeil paradoxal au bout du tunnel

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Tunnel lumineux, sensation de paix, flottement au-dessus de son corps, disparition de la douleur, état de conscience avec impossibilité de bouger tout en ayant l'impression d'être mort... Voilà quelques-unes des sensations caractéristiques de l'expérience de mort imminente (EMI) que connaissent certaines personnes lors d'accidents graves ou d'anesthésies. Pas moins de 1,8 million de Français auraient déjà vécu une EMI. Selon des neurologues américains, elle serait due à l'intrusion d'une phase de sommeil paradoxal lors d'un état de veille ou de vigilance. Le sommeil paradoxal succède au sommeil lent et se définit par l'irruption des rêves, une activité cérébrale importante proche de l'éveil, des mouvements oculaires rapides, une respiration et une fréquence cardiaque irrégulières, ainsi qu'une abolition du tonus musculaire. L'observation de 55 personnes victimes d'une EMI, les « expérienceurs », montre une tendance à la paralysie du sommeil, aux hallucinations visuelles et auditives, signes caractéristiques de l'intrusion de sommeil paradoxal. Les chercheurs estiment donc qu'en cas de risque vital, l'EMI se manifeste chez ceux qui présentent déjà des intrusions. Quant à l'origine de l'apparition de ce sommeil paradoxal lors d'EMI, il s'agirait de stimulations nerveuses provenant de l'appareil cardio-respiratoire. Selon les chercheurs, le locus coeruleus, une formation neurologique située dans le tronc cérébral et impliquée dans la production des rêves, jouerait un rôle central dans le phénomène.

Dr J.-M. Daniel

Le sommeil comporte également des phases de sommeil lent d'une durée de quatre-vingt-dix minutes qui se répètent dans la nuit. Il est composé de quatre stades de profondeur croissante. L'activité cérébrale est faible.