Prothèses mammaires PIP: Jean-Claude Mas reconnaît avoir produit des implants non homologués mais continue de nier toute toxicité

SANTE Pour le fondateur de PIP, Xavier Bertrand n'aurait pas dû préconiser le retrait des implants...

E.O.

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Jean-Claude Mas, président de la société Poly Implants  Prothèses (PIP), présente, le 17 janvier 2001 à la Seyne-sur-Mer, une prothèse  mammaire à base de gel de silicone fabriquée par sa société.
Jean-Claude Mas, président de la société Poly Implants Prothèses (PIP), présente, le 17 janvier 2001 à la Seyne-sur-Mer, une prothèse mammaire à base de gel de silicone fabriquée par sa société. — AFP/ERIC ESTRADE

Depuis que le scandale des prothèses a éclaté, Jean-Claude Mas se cache derrière son avocat. Mais ce mercredi, le président de PIP, a accepté de s’exprimer, et de répliquer aux accusations qui pèsent sur lui.

Dans une interview donnée à RTL, le fondateur de PIP admet avoir produit des implants contenant du gel non homologué – «Je n’ai jamais dit le contraire», assure-t-il – mais assure qu’ils n’étaient pas toxiques. «Un produit chimique peut servir à fabriquer beaucoup de choses», indique-t-il alors qu’on l’interroge sur l’utilisation d’un additif pour carburant pour fabriquer les prothèses. Quant à la fragilité supposée de ces prothèses, accusées de se fissurer facilement, «c’est une connerie», tranche Jean-Claude Mas. «J’aimerais bien avoir les scientifiques en face de moi», lance-t-il, «parce que tous les gels, toutes les huiles de silicone fragilisent les enveloppes de silicone».

20 cas de cancer en France

Le président de PIP s’en prend particulièrement au ministre de la Santé, Xavier Bertrand. «Ce monsieur nous met 500.000 patientes sur le dos, par des déclarations intempestives», s’agace-t-il, estimant qu’il n’y a «aucune raison médicale, scientifique, reconnue par l’Afssaps» certifiant que le gel est nocif.

Le 23 décembre dernier, Xavier Bertrand a recommandé aux 30.000 Françaises porteuses d’implants PIP de se faire retirer leurs prothèses «à titre préventif». «Mais pourquoi aller demander, proposer, payer des explantations à des femmes alors qu’il y a un risque chirurgical réel?» s’interroge Jean-Claude Mas, jugeant cette décision «criminelle».

On estime qu’entre 400.000 à 500.000 femmes sont porteuses d’implants PIP dans le monde, notamment en Amérique latine, en Espagne et en Grande-Bretagne. En France, 20 cas de cancer ont été signalés, mais le lien n’a pas été établi entre cancer et implants PIP.