Le dispositif Code d'urgence «est un gadget à visée commerciale»

INTERVIEW Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Association des médecins urgentistes, livre ses impressions sur le dispositif qui permet aux médecins d'accéder aux données médicales des accidentés grâce à un QR code et un smartphone...

Propos recueillis par Julien Ménielle

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Une femme SDF qui a accouché mardi dans la rue d'un nouveau-né, mort, n'avait pas contacté le Samu social depuis le 5 octobre, a précisé mercredi le Samu Social, alors qu'élus de gauche et associations ont dénoncé les problèmes de l'hébergement d'urgence.
Une femme SDF qui a accouché mardi dans la rue d'un nouveau-né, mort, n'avait pas contacté le Samu social depuis le 5 octobre, a précisé mercredi le Samu Social, alors qu'élus de gauche et associations ont dénoncé les problèmes de l'hébergement d'urgence. — Loic Venance afp.com

Code d’urgence teste dans deux départements un dispositif destiné aux victimes d’accidents et aux médecins urgentistes. Un QR code sur un autocollant, lu grâce à une application pour smartphone permet aux professionnels de santé d’accéder aux informations médicales utiles en cas d’intervention auprès d’un patient inconscient. Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Association des médecins urgentistes, donne son avis sur l’initiative.

Que pensez-vous de ce dispositif, actuellement en expérimentation?

Tout dispositif apportant des informations sur les antécédents d’un patient est utile dans une situation d’urgence. Mais mis en place de manière commerciale sans organisation nationale, ce sera inopérant.

Pour quelles raisons?

C’est un gadget à visée commerciale. Il existe déjà plusieurs dispositifs pour des maladies spécifiques comme l’hémophilie, mais pour la santé il faut un système unique, pas multiplier les dispositifs. Il faut un système universel, qui couvre toute la population, et pas juste quelques abonnés.

Que préconisez-vous?

Ça fait des années qu’on cherche le moyen de mettre en place un dossier médical d’urgence. On a déjà la carte vitale, une carte à puce avec photo que les gens peuvent toujours avoir sur eux. Elle pourrait renfermer les informations nécessaires.

Pourquoi n’est-ce pas le cas?

Il faut une volonté politique. Mettre autour d’une table les associations de patients, les médecins, l’assurance maladie et l’Etat, et définir un système. Mais pour le dossier médical informatisé dans les hôpitaux, on a voulu faire trop bien. Résultat, c’est une usine à gaz auquel on a du mal à avoir accès. Cette fois il faudra des choses simples.