Prothèses mammaires PIP: Jean-Claude Mas admet la tromperie sans aucun regret

SANTE Le fondateur de la société d'implants a assumé devant les enquêteurs avoir produit un gel de silicone non homologué et dissimulé à l'organisme certificateur...

© 2012 AFP

— 

Jean-Claude Mas, président de la société Poly Implants  Prothèses (PIP), présente, le 17 janvier 2001 à la Seyne-sur-Mer, une prothèse  mammaire à base de gel de silicone fabriquée par sa société.
Jean-Claude Mas, président de la société Poly Implants Prothèses (PIP), présente, le 17 janvier 2001 à la Seyne-sur-Mer, une prothèse mammaire à base de gel de silicone fabriquée par sa société. — AFP/ERIC ESTRADE

Aucun regret. Jean-Claude Mas, fondateur de la société de prothèses mammaires PIP, a assumé devant les enquêteurs avoir produit un gel de silicone non homologué, issu d'une formule de sa production et dissimulé à l'organisme certificateur. Pour lui, ses prothèses ne présentent cependant «aucun risque pour la santé».

«Je le savais que ce gel n'était pas homologué, mais je l'ai sciemment fait car le gel PIP était moins cher, et rapport qualité-prix c'était moins cher et de bien meilleure qualité», a expliqué Jean-Claude Mas en octobre aux gendarmes marseillais, selon un PV de garde à vue consulté par l'AFP. «Je l'ai toujours su», dit-il encore quand on lui fait remarquer que ces produits n'étaient pas conformes à la norme.

«C'était de la routine, je donne l'ordre de dissimuler tous documents ayant trait au gel PIP»

Le fondateur de PIP explique que «dès 1993», soit deux ans seulement après la création de la société, il «donne l'ordre de dissimuler la vérité» à l'organisme certificateur allemand TÜV, des années avant la mise sur le marché des implants aujourd'hui incriminés. «C'était de la routine, je donne l'ordre de dissimuler tous documents ayant trait au gel PIP non homologué, et, concernant les containers (de gel non homologué), les employés se débrouillaient pour les faire disparaître», explique-t-il.

PIP avise TÜV des modifications de packaging par exemple. Mais pas de celles concernant le gel: «car il n'est pas concerné, vu qu'il n'existe pas: il n'a pas une existence légale...» Ce gel PIP est "une formule non brevetée, «car ça ne sert à rien», ajoute Jean-Claude Mas. Selon le fondateur de PIP, les plaignantes sont «des personnes fragiles ou des personnes qui font ça que pour le fric», commente-t-il.