Prothèses mammaires PIP: La société fournissait des centres anticancéreux

SANTE La stérilisation des implants aurait également été défectueuse...

Corentin Chauvel

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Un cancer du sein identifié assez tôt a neuf chances sur dix  de guérir.
Un cancer du sein identifié assez tôt a neuf chances sur dix de guérir. — G. VARELA / 20 MINUTES

Alors que la juge d’instruction en charge du dossier des prothèses mammaires PIP s’est rendue mercredi au siège de la société varoise, de nouvelles révélations ont été faites ce jeudi.

PIP a fourni jusqu’en 2010 les centres anticancéreux français, rapporte ainsi Le Figaro. «La grande majorité de ces centres (16 sur 18), dont les prestigieux Institut Gustave-Roussy et l'Institut Curie, utilisaient des prothèses PIP pour les reconstructions mammaires de femmes ayant été atteintes d'un cancer», indique le quotidien.

«Les prix bas pratiqués par PIP ont sans doute joué dans ce choix», a expliqué un chirurgien plasticien. Le Figaro précise que différents types de prothèses PIP étaient utilisés par les médecins des centres dont l’une, asymétrique, «était particulièrement appréciée en chirurgie reconstructrice.»

Des machines «vétustes» et fuyant «à cause de la rouille»

Par ailleurs, un ancien ingénieur de la société MXM, chargée de la stérilisation des prothèses PIP, a quant à lui indiqué à Europe 1, que pour certains implants, le processus n’aurait pas été respecté jusqu’au bout. «La chaîne de stérilisation se serait ainsi arrêtée parfois au bout de 14 ou 15 heures, alors que 18 heures sont nécessaires», explique le site de la radio.

Les machines utilisées seraient «vétustes», fuyant «à cause de la rouille» et tombant «régulièrement en panne». «Plutôt que de refaire une stérilisation, le directeur de l'époque préférait sortir ces implants de l'unité de stérilisation. Il falsifiait les documents afin que PIP puisse vendre ces prothèses», ajoute encore l’ancien cadre. Ce dernier est en procès avec MXM, qui «dément formellement» le contenu de ses déclarations, même si des faits similaires avaient déjà été signalés en août 2009.