Prothèses mammaires PIP: L'avocat de l'entreprise évoque une «démarche capitaliste»

SANTE Il s'agit simplement d'un «problème économique» selon lui...

Corentin Chauvel avec Reuters

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Une prothèse mammaire de marque PIP.
Une prothèse mammaire de marque PIP. — IBO/SIPA

Les langues commencent de plus en plus à se délier du côté du fabriquant de prothèses mammaires PIP, notamment par l’intermédiaire de son avocat, Yves Haddad, qui apporte chaque jour sa vision des choses sur l’affaire qui a pris de l’ampleur ces derniers jours.

Après avoir reconnu des «défaillances» et démenti que Jean-Claude Mas, le fondateur de PIP, soit charcutier, Yves Haddad a déclaré ce mardi matin sur France Info que «l’infraction» commise par la société varoise – inclure dans les prothèses mammaires, en plus du gel de silicone, un autre produit n’ayant pas reçu d’agrément -, était un simple «problème de prix de revient, de coût et de bénéfice».

«C’est un problème économique, c’est ça la réalité»

«C’est une démarche capitaliste et c’est comme ça», résume l’avocat. «C’est un problème économique, c’est ça la réalité», ajoute-t-il, rappelant que le caractère de dangerosité des prothèses mammaires PIP, qui présentent des risques de fuite et de rupture, n’avait pas été démontré. La France est cependant pour l'heure le seul pays à conseiller le retrait des implants à titre préventif.

Ces recommandations du gouvernement français en vue d'une explantation des prothèses, n'ont «pas de caractère d'urgence», a réaffirmé ce mardi sur RTL Xavier Bertrand. On estime à 60 millions d'euros le coût de l'opération d'explantation, qui sera prise en charge par la Sécurité sociale. La pose de nouveaux implants sera à la charge de la patiente, sauf pour les femmes ayant subi une chirurgie réparatrice après un cancer du sein.

Le ministre a indiqué que 9.500 appels, dont les deux-tiers émanant de femmes porteuses d'implants PIP, étaient à ce jour parvenus au numéro vert national (0820 03 33 33) mis en place début décembre par le ministère de la Santé.