Scandale des prothèses mammaires défectueuses: Le fondateur de PIP «était charcutier»

SANTÉ n chirurgien esthétique livre ses impressions sur Jean-Claude Mas...

Julien Ménielle

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Jean-Claude Mas, président de la société Poly Implants  Prothèses (PIP), présente, le 17 janvier 2001 à la Seyne-sur-Mer, une prothèse  mammaire à base de gel de silicone fabriquée par sa société.
Jean-Claude Mas, président de la société Poly Implants Prothèses (PIP), présente, le 17 janvier 2001 à la Seyne-sur-Mer, une prothèse mammaire à base de gel de silicone fabriquée par sa société. — AFP/ERIC ESTRADE

«Il était imbattable sur les prix, c’était son objectif.» Patrick Baraf, chirurgien plastique à Paris, se souvient  de l’apparition de Jean-Claude Mas dans son petit milieu professionnel. Un milieu dans lequel le fondateur de Poly Implant Protheses (PIP, fabriquant de prothèses défectueuses) a fait sensation, au point de faire de sa société «le numéro 3 mondial» de la prothèse mammaire. Pourtant, selon lui, l’homme était loin d’être prédestiné à percer dans ce domaine.

«On pouvait se poser des questions sur ses compétences»

«Il était charcutier, et puis il s’est mis à faire des prothèses mammaires», se souvient Patrick Baraf au micro d’Europe1. Le plasticien a croisé Jean-Claude Mas plusieurs fois dans des congrès médicaux, selon la radio. A l’époque, le chirurgien se souvient que l’ancien charcutier ne lui avait pas fait bonne impression. «On pouvait se poser des questions sur ses compétences et ses qualités pour se lancer dans la fabrication de matériel médical.»

«Tout le monde s’est laissé abuser», regrette Patrick Baraf. La société PIP a été placée en liquidation judiciaire en mars 2010. Jean-Claude Mas devrait être cité dans l’enquête pour tromperie aggravée, obstacle aux contrôles de l'Afssaps et non présence de marquage CE, mais n’aurait pas été mis en examen, selon Europe 1.