Jean-Luc Roffé, chirurgien plastique: «Aucun lien de causalité n'a été établi entre les prothèses et le lymphome»

INTERVIEW Il réagit à la mort d'une femme porteuse d'implants mammaires de la marque Poly Implant protheses (PIP)...

Propos recueillis par Julien Ménielle

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Une plainte a été déposée vendredi à Marseille (sud) à l'encontre de la société allemande qui certifiait le gel contenu dans les prothèses mammaires défectueuses du fabricant varois PIP, soupçonné de fraude, a-t-on appris auprès d'un avocat des victimes, confirmant une information du Parisien.
Une plainte a été déposée vendredi à Marseille (sud) à l'encontre de la société allemande qui certifiait le gel contenu dans les prothèses mammaires défectueuses du fabricant varois PIP, soupçonné de fraude, a-t-on appris auprès d'un avocat des victimes, confirmant une information du Parisien. — Gerard Julien afp.com

L’ Association de défense des porteuses de prothèses PIP a annoncé ce jeudi le décès d’une femme dont les implants mammaires avaient été retirés après s’être rompus. «Edwige, ancienne porteuse de prothèses mammaires défectueuses PIP rompues, avait contracté au contact des implants un lymphome», affirme l’association. Pour le Dr Jean-Luc Roffé, chirurgien plastique, il faut cependant rester prudent.

Que sait-on du décès de cette patiente porteuse de prothèses PIP?

Il faut rester extrêmement prudent dans cette affaire. Il n’y a pour le moment aucune preuve sérieuse et scientifique de lien de cause à effet. Il ne faut pas affoler toutes les femmes porteuses de silicone.

Actuellement, combien de femmes sont porteuses d’implants mammaires en France?

Il est impossible de le savoir précisément. Les premières ont été posées en 1961, et des millions depuis. Et entre les années 60 et 90, de nombreuses femmes se sont fait injecter du silicone dans les lèvres et en sont toujours porteuses.

Courent-elles un risque?

Il faut arrêter de délirer avec les prothèses. Encore une fois, aucun lien de causalité n’a été établi entre les prothèses et le lymphome. Il semble d’ailleurs étonnant que la maladie se déclare aussi rapidement. Il y a des millions de femmes qui vivent avec de la silicone dans le corps sans problèmes.

Il s’agirait d’une simple coïncidence?

Je ne sais pas. Mais la médecine n’est pas une science exacte. Si cette patiente avait déclaré une hépatite C, aurait-on annoncé la première hépatite C causée par des prothèses? C’est une affaire judiciaire, les analyses sont en cours, il faut attendre.