Comment prendre soin de sa prostate?

SANTÉ eut-on vraiment diminuer les risques de développer ce cancer, fréquent et meurtrier?...

Julien Ménielle

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C’est une petite glande de la taille d’une noix. Les hommes, qui sont les seuls à en être équipés, ne s’en soucient guère tout au long de leur vie, car elle fait très peu parler d’elle. Pourtant 300.000 hommes sont concernés par le cancer de la prostate (car c’est bien d’elle qu’il s’agit), dont 71.500 nouveaux cas chaque année. La journée nationale de la prostate, ce jeudi, est l’occasion de revenir sur ce mal fréquent.

Boire du vin, se masturber régulièrement

Selon les chiffres de l’Institut de Veille Sanitaire (InVs) la mortalité liée au cancer de la prostate a baissé de 33% entre 1990 et 2008. Une diminution liée aux progrès réalisés en termes de diagnostic et de prise charge. Mais il reste le cancer le plus fréquent en France, et touche un homme âgé de 60 à 79 ans sur dix. Comment faire pour prévenir la maladie, par des gestes simples?

Boire du vin, se masturber régulièrement... Les pratiques conseillées peuvent sembler tentantes mais sont-elles efficaces? «A vrai dire il n’y a pas vraiment de prévention efficace contre le cancer et les maladies prostatiques», répond à 20 Minutes le professeur Jean-Luc Moreau, urologue au centre d'urologie de Nancy et membre de l'Association Française d'Urologie (AFU).

La meilleure prévention demeure le dépistage

«Il n’y a pas d’étude validée, mais il semblerait que le régime méditerranéen, avec peu de viande et beaucoup de légumes ait un effet bénéfique», poursuit le spécialiste. Mais pour Jean-Luc Moreau, la meilleure prévention demeure le dépistage. Un toucher rectal pour palper la prostate, une prise de sang à la recherche d'antigènes prostatiques spécifiques (PSA, augmentés en cas de cancer), et une biopsie si les PSA sont élevés.

Si le dépistage n’est pas organisé officiellement comme pour d’autres formes de cancer, Jean-Luc Moreau le juge efficace. «90% des médecins surveillent les PSA de leurs patients», indique-t-il. Mais ce dépistage est controversé, notamment en raison du risque avancé de traiter des cancers qui ne le nécessitent pas vraiment. «Chaque cancer est différent, chaque patient aussi», convient le professeur, qui prône une «prise en charge sur mesure» par une équipe de médecins.