Mediator: Que risque Servier?

SANTE Le fondateur du laboratoire, ses collaborateurs et son groupe tout entier pourraient couler...

Corentin Chauvel avec Reuters

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Jacques Servier, président du laboratoire éponyme, devant l'Elysée.
Jacques Servier, président du laboratoire éponyme, devant l'Elysée. — FACELLY / SIPA

Les charges s’accumulent contre Servier dans l’affaire du Mediator. Alors que l’on a appris mardi que les juges d’instruction ont convoqué le laboratoire pour une possible mise en examen, les multiples poursuites engagées pourraient bien faire chuter le premier groupe pharmaceutique français.

Servier est visé par deux chefs d’accusation: «Tromperie aggravée par la mise en danger de l'homme, ainsi que ceux d'ingérence et de prise illégale d'intérêt» et «homicides involontaires par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement et de blessures involontaires aggravées ayant entraîné une incapacité».

Jusqu’à sept ans de prison

Début août, un réquisitoire supplétif a été ajouté par le parquet de Paris pour escroquerie à l'Assurance maladie. Le parquet estime que le fait d'avoir mis et maintenu sur le marché, en le présentant comme un médicament pour le diabète, une molécule qui n'était en réalité qu'un anorexigène pour bénéficier de la prise en charge par les régimes sociaux, est susceptible de constituer une escroquerie aux organismes sociaux.

Sur les bancs de prévenus se retrouveront le laboratoire Servier, sa filiale commerciale, son président fondateur Jacques Servier, 88 ans, et quatre autres dirigeants. Jacques Servier et ses collaborateurs risquent notamment jusqu’à sept ans de prison, une interdiction d’exercer, ainsi que des dommages et intérêts. Les personnes morales encourent une forte amende et des sanctions économiques.

La fermeture définitive, «la meilleure des sanctions»

Le futur procès prévu à partir de 2012 pourrait également aboutir à une fermeture définitive du laboratoire. «C’est ce que craint le plus Servier. Je ne comprends pas pourquoi le parquet attend pour prendre cette décision, c’est la meilleure des sanctions», affirme à 20Minutes Christine Ravaz, avocate défendant une cinquantaine de victimes du Mediator dans le Var.

En attendant, Jacques Servier et quatre de ses collaborateurs ont rendez-vous le 26 septembre prochain devant le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour une comparution directe lancée par Charles Joseph-Oudin et François Honnorat, deux des avocats des victimes du Mediator. Selon Christine Ravaz, ce procès pour «tromperie aggravée» permettra d’accélérer le mouvement judiciaire à l’encontre de Servier. «La justice devrait aller beaucoup plus rapidement», estime-t-elle.