Un chercheur infecté dans son laboratoire meurt de la peste

SANTÉ 'homme s'est probablement contaminé par contact cutané avec une souche et est décédé en 13 heures...

J. M.

— 

Photo d'illustration: un scientifique dans un laboratoire.
Photo d'illustration: un scientifique dans un laboratoire. — LANCELOT FREDERIC/SIPA

L’histoire ne date pas d’hier, mais elle est racontée ce jeudi dans le très sérieux New England Journal of Medicine (NEJM). Un chercheur américain, qui avait contracté la maladie en s’infectant avec une souche pourtant atténuée dans son laboratoire, est mort en 2009 de la peste.

Le scientifique, âgé de 60 ans et souffrant de troubles respiratoires s’aggravant depuis plusieurs jours, s’est présenté en septembre 2009 aux urgences. «Son état s'est rapidement détérioré et, malgré la réanimation, le patient est décédé en 13 heures», raconte Karen Frank, de l’université de Chicago, dans le NEJM.

Hémochromatose

SI le mode de contamination n’a pas été clairement établi, les experts estiment que la victime s’est infectée par simple contact du bacille avec la peau. Si la souche, pourtant peu virulente, a pu causer la mort du scientifique, c’est parce que celui-ci était atteint sans le savoir d’hémochromatose, maladie qui entraîne l’accumulation dans l’organisme de molécules de fer dont la bactérie a besoin pour croître et se multiplier.

Pas de psychose en vue, donc. Le retour des grandes épidémies de peste n’est pas d’actualité. La maladie, cependant, continue de toucher 1.000 à 3.000 personnes chaque année, principalement en Afrique, en Asie et sur le continent américain. C’est même précisément pour cette raison que des laboratoires continuent à se pencher sur la maladie.