Thierry Lhermitte: «Les neurosciences nous renvoient à nos propres expériences»

RECHERCHE Parrain de la Fondation pour la recherche médicale (FRM) depuis 2004, le comédien Thierry Lhermitte revient pour «20Minutes» sur ses années d'engagement et sur l'importance du don... Sept ans déjà que vous &ec...

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Thierry Lhermitte, parrain de la Fondation pour la recherche médicale, dans les locaux de 20 Minutes.
Thierry Lhermitte, parrain de la Fondation pour la recherche médicale, dans les locaux de 20 Minutes. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Parrain de la Fondation pour la recherche médicale (FRM) depuis 2004, le comédien Thierry Lhermitte revient pour 20Minutes sur ses années d'engagement et sur l'importance du don.

Sept ans déjà que vous êtes parrainde la FRM. Quel regard portez-vous sur l'évolution de la recherche?

Elle avance à tout petits pas. Sept ans, c'est très peu à l'échelle de la recherche. Certes, ça ne fait pas la une des journaux, mais ce sont des petits pas, vérifiés, contre-vérifiés, observés. Il y a de temps en temps des découvertes étonnantes, mais en général, c'est un travail de fourmi, de bâtisseur. Je pense notamment à cette chercheuse de l'Institut Curie qui, récemment, a enfin pu faire une publication. A partir de là, ses collègues du monde entier ont essayé de vérifier que ça ne marche pas. C'est ainsi, on publie et tous les spécialistes refont l'expérience dans leur laboratoire. Voilà ce qu'est ce travail, tellement loin du sensationnel, le contraire de ce qui fait l'attrait et le clinquant de notre société. Sept ans après, je suis toujours aussi passionné, épaté par ces gens formidables.

Parmi tous ces travaux,quelle découverte vous a marqué?

Justement, les vaccins thérapeutiques (pour une maladie déjà déclarée, au contraire des vaccins préventifs) contre le cancer, découverts par la chercheuse Laurence Zitvogel. C'est un énorme espoir pour un certain type de cancer du poumon. Voilà, on n'a pas vaincu le cancer, ni le cancer du poumon, mais on a fait un pas dans un cancer particulier. Le vaccin en est au stade des essais sur l'homme sur une cohorte d'une trentaine de personnes, et ça marche plutôt bien.

Votre fonction de parrain vous conduit dans les laboratoires à la rencontre de chercheurs. Retenez-vous une rencontre en particulier?

Je pense au Pr Sahel, à l'origine de la rétine artificielle. Il a greffé sur un aveugle de longue date une rétine artificielle qui fonctionne grâce à des lunettes reliées à une caméra. Le cerveau du patient transforme les signaux que la caméra lui envoie de façon artificielle en sensations visuelles. Il ne voit pas comme avant, mais peut suivre une ligne blanche et lire de grosses lettres. Quand on imagine le défi médical technique que cela représente, c'est extraordinaire.

Vous êtes, je crois, passionné de neurosciences…

C'est passionnant car cela vous renvoie à vos propres expériences. C'est en cela que les neurosciences parlent à tout le monde. Si je tremblais, c'est sûr que je m'intéresserais plus à Parkinson.

Pourquoi donner cette annéeà la FRM?

La FRM est la première fondation privée en termes de distribution d'argent : 35 millions d'euros ont ainsi été distribués en 2010. Toutes les pathologies sont concernées. Sept cent cinquante équipes sont financées par la FRM. Un chercheur sur trois sera financé dans sa vie par la FRM. Le don, ce n'est pas un petit plus, c'est une partie intégrante de la recherche. Et puis, l'argent du don est vite réinjecté dans la recherche. La réactivité, c'est l'une des composantes du don privé. Par ailleurs, l'une des vocations de la FRM est de faire revenir les chercheurs en France. La fondation parvient à en faire revenir une vingtaine chaque année.
 

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