Dominique Maraninchi: «On va intégrer un comité de patients aux réunions»

INTERVIEW Le nouveau directeur général de l'Affsaps explique les nouvelles orientations de l'agence à «20 Minutes»...

Propos recueillis par Vincent Vantighem

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Dominique Maraninchi, nouveau directeur général de l'Afssaps (depuis mars 2011)
Dominique Maraninchi, nouveau directeur général de l'Afssaps (depuis mars 2011) — SIPA / DURAND

Plusieurs médicaments, aujourd’hui sous surveillance, ont été entachés par des conflits d’intérêts. Comment réagissez-vous?

J’ai pris la direction de l’Afssaps il y a quarante jours. Je ne veux pas faire de commentaires sur le passé. Je ne vais pas reprendre l’histoire de ces produits un par un. Ce qui compte, c’est ce que l’on fait aujourd’hui. Il faut être parfait. La suspicion sur les conflits d’intérêts ne doit plus exister.

Que faites-vous pour cela?

Depuis mon arrivée, je siège personnellement à toutes les commissions d’AMM. Les conflits d’intérêts sont lus à haute voix. Et ceux qui sont concernés sortent de la salle lors des délibérations.

Comment réagissent-ils?

Les gens ont été humiliés. Traumatisés... Aujourd’hui, ils sont toujours inquiets. Notre travail consiste à leur redonner confiance. La transparence absolue peut paraître excessive. Mais elle est juste indispensable.

Quelles actions concrètes comptez-vous mettre en place pour favoriser cette transparence?

La prochaine commission d’AMM sera filmée. Nous allons diffuser des extraits sur Internet. Et puis, je pense qu’il faut encore plus intégrer les patients dans le processus. Cela se fait déjà aux USA avec les «patient advocacy». On peut imaginer qu’un comité de patients relisent les protocoles et participent aux réunions. Mais c’est pareil que les experts: ils ne doivent pas être directement concernés. Une femme atteinte d’un cancer du sein ne devrait pas participer à une réunion sur un médicament qui soigne le cancer du sein. Mais pourquoi pas sur un produit pour le cancer de la prostate. On va expérimenter ça sur un ou deux sujets rapidement.

Croyez-vous parvenir à regagner la confiance des patients?

Il faudra du temps. On doit leur parler. Et pas uniquement par lettre recommandée. Mon but est de leur montrer qu’on peut aussi offrir du bien.