Le pacemaker gastrique, arme prometteuse pour lutter contre l'obésité

SANTE Cette puce qui stimule des terminaisons nerveuses à l'extérieur de l'estomac permet de tromper ce dernier...

Philippe Berry

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Thomas Horbach, un chirurgien allemand de l'hôpital de Stadtkrankenhaus Schwabach, l'un des premiers à implanter un pacemaker gastrique.
Thomas Horbach, un chirurgien allemand de l'hôpital de Stadtkrankenhaus Schwabach, l'un des premiers à implanter un pacemaker gastrique. — C.DEUTSCH/AP/SIPA

La chirurgie comme ultime recours contre l'obésité, ce n'est pas nouveau. Mais jusqu'ici, les deux principales procédures –l'anneau et le pontage gastriques– misaient sur le même principe: réduire le volume de l'estomac. Une méthode non sans risque, parfois accompagnée d'effets secondaires indésirables comme des vomissements.

Le système Abiliti de la compagnie californienne Intraspace veut changer la donne. Un capteur et une puce sont implantés sur la paroi extérieure de l'estomac. Le premier détecte lorsque de la nourriture arrive dans l'organe digestif. La seconde, tel un pacemaker, stimule des terminaisons nerveuses stomacales via des impulsion électriques. Résultat: le patient a l'impression d'être repus plus tôt.

Entre 22 et 38% de poids perdu en un an

La procédure est désormais disponible dans des hôpitaux en Angleterre, Espagne et Allemagne. Lors des essais cliniques, les patients ont perdu entre 22 et 38% de leur poids en un an, rappelle la Technology Review du MIT. Un accéléromètre permet également au médecin de surveiller l'activité physique des patients.

Le «pacemaker gastrique» est implanté via une chirurgie laparoscopique, une procédure peu invasive de plus en plus employée pour les appendicites. En revanche, l'opération reste deux fois plus chère que la pose d'un anneau gastrique. Ce dernier devrait donc pour l'instant la solution la plus courante, notamment aux Etats-Unis où 60% de la population adulte est obèse ou en surpoids.

En général, ces chirurgies sont réservées pour ceux ayant un indice de masse corporelle supérieur à 40 (plus de 125 kg pour 175 cm ou 100 kg pour 160 cm), une zone qualifiée «d'obésité morbide».