Médiator: Servier charge le rapport de l'IGAS, 38 morts reconnus

SANTE Le laboratoire a de la compassion vis-à-vis des victimes...

Avec Reuters

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Jacques Servier, président du laboratoire éponyme, devant l'Elysée.
Jacques Servier, président du laboratoire éponyme, devant l'Elysée. — FACELLY / SIPA

Le président des laboratoires Servier, Jacques Servier, et son équipe dirigeante se sont défendus pied à pied mercredi devant la mission d'information sur le médicament Mediator de l'Assemblée. L'audition s'est déroulée à huis-clos.

L’impression des députés «très différente» de celle de Servier

C'est Lucy Vincent, la directrice de la communication des Laboratoires Servier, qui est venue répondre aux questions de la presse à l'issue d'une audition qui a duré plus de trois heures. La directrice de la communication a d'abord critiqué le rapport de l'IGAS qui met en cause ce médicament.

«Le document de l'IGAS qui n'est pas un document contradictoire - on ne nous a pas entendu - a formé la base de l'opinion des députés donc ils ont exprimé à plusieurs reprises leur étonnement que leur impression de la réalité est très différente de la nôtre», a-t-elle déclaré.

Un fonds d’indemnisation de 20 millions d’euros mis en place

Lucy Vincent a évité toutes les questions relatives au nombre de décès qu'aurait provoqué ce médicament, établi entre 500 et 2.000 selon les estimations. «Dans la base de pharmacologie aujourd'hui il y a 38 morts chez des personnes qui ont pris du Mediator et il doit y avoir une étude sur l'imputabilité au Mediator», a-t-elle poursuivi avant de souligner que les laboratoires Servier avaient «déjà abondé un fonds d'indemnisation en collaboration avec le ministère de la Santé». «Dans un premier temps nous avons avancé 20 millions d'euros», a-t-elle précisé.

La chargé de communication a précisé que le président du groupe avait proposé à la mission d'information de l'Assemblée «la mise en place d'un jury d'honneur». «Un système qui puisse permettre un débat contradictoire pour qu'on puisse confronter les données, les analyses, les expériences, nos archives avec ce qui a été écrit dans le rapport de l'IGAS», a-t-elle expliqué.

«Un drame de santé publique»

«Nous avons énormément de compassion vis-à-vis des victimes. Nous sommes un laboratoire qui faisons de la recherche pour trouver des médicaments, pour soigner pour éventuellement guérir des patients», a déclaré Lucy Vincent.

«C'est un drame pour un laboratoire quel qu'il soit de se trouver dans une situation pareille. Tout le personnel des chez Servier est extrêmement affecté par cette histoire», a-t-elle poursuivi. «Je pense que la situation aujourd'hui nous oblige à reconnaitre que là il y a un drame de santé publique», a-t-elle répondu à une ultime question.