Mediator: Le laboratoire Servier affirme que l'expertise sur une patiente cardiaque s'est déroulée dans des conditions «normales»

SANTÉ a patiente a fait un arrêt cardiaque...

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Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France.
Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France. — AFP PHOTO/FRED TANNEAU

Servier se défend bec et ongles. A nouveau mis en cause, le laboratoire a affirmé ce lundi que les conditions de l'expertise judiciaire d'une femme, victime d'un arrêt cardiaque après ces examens destinés à déterminer si la pathologie dont elle souffre est liée à la prise de Mediator, étaient «normales et régulières».

«Le tribunal, à la demande de la patiente, a ordonné une expertise judiciaire dirigée par un expert indépendant désigné par le juge. Cette expertise s'est déroulée dans des conditions normales et régulières d'examen et dans un climat serein vis-à-vis de la patiente», assure le producteur du Mediator dans un communiqué.

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«Le cas de cette patiente est extrêmement complexe, ce qui explique la longueur de l'expertise», réagit ce lundi Servier. «La majeure partie de celle-ci a été consacrée à des questions posées à la patiente et à son avocat en raison de pièces médicales manquantes nécessaires à la compréhension du dossier médical», poursuit le groupe.

«En effet, la patiente présentait de nombreuses pathologies pré-existantes à la prise de Mediator dont, entre autres, des complications cardiaques et avait par ailleurs reçu de nombreux traitements médicamenteux dans le passé», assure Servier. «Dans ce contexte, la reconstitution du dossier médical de cette patiente est essentielle», conclut-il.

«Violence procédurière»

La patiente en question, âgée de 57 ans, a été soumise à cet examen samedi et a été victime d'un arrêt cardiaque une demi-heure après la fin de l'examen, avait rapporté dimanche à l'AFP le Dr Irène Frachon, une des premières à avoir révélé les dangers du Mediator. Le Dr Frachon avait alors dénoncé la «violence procédurière» de Servier, évoquant une expertise judiciaire «très, très éprouvante» ayant duré plusieurs heures.

Le Mediator a été retiré du marché en novembre 2009 en raison des risques cardiaques encourus par les patients. Destiné aux diabétiques en surpoids, mais largement prescrit comme coupe-faim, il a causé de 500 à 2.000 décès, selon plusieurs études. Plus de 300 plaintes ont été déposées à Paris dans ce dossier, auxquelles se sont jointes l'assurance-maladie, la Mutualité française, ainsi que l'association UFC-Que Choisir.