Pfizer: accord pour clore toutes les poursuites sur le Trovan au Nigeria

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Le numéro un mondial de la pharmacie Pfizer a annoncé un accord à l'amiable pour mettre un terme aux poursuites de familles nigérianes qui l'accusaient d'avoir testé un antibiotique, le Trovan, sur leurs enfants sans autorisation, provoquant 11 décès et de très nombreux dommages.

Les termes financiers de l'accord n'ont pas été révélés.

Pfizer et les plaignants dans les dossiers liés aux essais cliniques du Trovan ont annoncé dans un communiqué publié mardi qu'il étaient "heureux d'avoir trouvé un accord final pour mettre un terme aux poursuites restantes aux Etats-Unis et au Nigeria" sur cet antibiotique.

"Selon les termes de cet accord, les plaignants vont rejoindre le Fonds d'indemnisation Santé/Méningite ("Healthcare/Meningitis Trust Fund"), géré par un conseil d'administration indépendant à Kano, au Nigeria", ajoute le communiqué.

"Ces dossiers ont été résolus à l'amiable après de nombreuses années de procédure" et l'accord "permet une indemnisation juste des participants à l'étude et de leurs familles", précise le communiqué commun.

Pfizer était accusé d'avoir pratiqué un essai clinique sur son antibiotique Trovan (trovafloxacine) en 1996 sur plusieurs centaines d'enfants et nourrissons lors d'une épidémie de méningite et de rougeole dans l'Etat nigérian de Kano (nord).

Selon le laboratoire, l'épidémie avait tué près de 12.000 personnes et touché plus de 100.000 autres en six mois.

La firme pharmaceutique assure avoir obtenu l'accord verbal des familles des enfants, ce que nient ces dernières qui affirment que le Trovan serait responsable du décès d'au moins onze enfants et de dommages physiologiques graves pour 189 autres.

Pfizer affirme que le Trovan "a aidé à sauver des vies". En juillet 2009, après deux ans de bataille juridique, Pfizer et l'Etat de Kano avaient annoncé un accord à l'amiable de 75 millions de dollars pour mettre fin à cette affaire.

Cet accord prévoyait un dédommagement de 35 millions de dollars pour les victimes et un arrêt des poursuites contre le groupe américain, numéro un mondial de la pharmacie, par le gouvernement de Kano.

Cependant, en mai dernier, le cabinet d'avocats Streamsowers & Kohn, qui représente les familles des victimes, avait annoncé que celles-ci rejetaient l'offre de dédommagements, invoquant des tests ADN menés par Pfizer pour vérifier qui avait effectivement droit à ces compensations.

Les avocats des victimes ont fait valoir que ces tests ADN n'étaient pas menés de façon indépendante.

Pfizer avait porté l'affaire devant la Cour suprême des Etats-Unis qui avait refusé d'examiner le dossier.

"Cet accord (...) ouvre la voie à la finalisation du travail" pour "déterminer les plaignants éligibles à l'indemnisation" et "nous permet de faire un pas de plus vers l'indemnisation des victimes pour lesquelles le Fonds a été créé", ajoute Bradley Lerman, un conseiller juridique de Pfizer, dans un communiqué séparé.

"Nous prévoyons que l'injonction sur les tests d'ADN et sur l'analyse actuellement en place au Nigeria sera levée" ce qui permettra de reprendre ces tests, a précisé un porte-parole interrogé par l'AFP, sans toutefois préciser si ces tests reprendraient dans les mêmes conditions ou de façon indépendante, comme le réclamaient les victimes.