«Un médicament ou son générique, ce n'est pas toujours pareil»

SANTÉ es génériques du Levothyrox sont sur la liste de l'Afssaps...

Julien Ménielle

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D.JANIN / AFP

La liste des médicaments sous surveillance publiée lundi par l’Afssaps ne concerne pas  que des effets secondaires potentiels. Des traitements sont aussi surveillés pour leur inefficacité. C’est le cas des génériques du Levothyrox, hormone thyroïdienne de substitution, fréquemment prescrite. Une suspicion qui relance l’éternel débat sur les génériques.

«En juin 2010, des centres de pharmacovigilance ont notifié 56 cas d’inefficacité», confirme à 20minutes.fr Marie-Christine Pérault-Pochat, présidente de l’association française des centres régionaux de pharmacovigilance. Un problème relaté sur des forums dès le mois d’avril, dans des discussions indiquant que des endocrinologues refusaient que le pharmacien ne substitue le générique au traitement original (dit princeps) pour leurs patients.

Surveiller et adapter la posologie

«Un médicament ou son générique, ce n’est pas toujours pareil», confirme à 20minutes.fr le Dr Martial Olivier-Koehret, président du Syndicat des médecins généralistes de France. En cause notamment: les excipients, composants chargés entre autre de donner leur consistance aux médicaments, qui sont différents. La dispersion du traitement n’est donc pas toujours la même.

Pour le Levothyrox, «c’est assez facile de rectifier le tir» en adaptant la posologie, assure l’endocrinologue Philippe Bouchard. Alors que l’enquête se poursuit, Marie-Christine Pérault-Pochat indique toutefois qu’une notice conseillant des prises de sang régulières pour les patients à risques a été écrite. Car pour ce médicament, comme pour d’autres, notamment les anti-épileptiques ou les anti-coagulants, la dose d’efficacité du traitement est très précise.

Plus de contrôles

«Nous avons souvent des retours de patients, indiquant que le générique est moins efficace ou moins bien toléré», indique Martial Olivier-Koehret. Le médecin a donc régulièrement recours au fameux NS (pour non-substituable) sur ses ordonnances, notamment pour les antibiotiques. Une mention qui agace les pharmaciens, poussés par l’Assurance maladie -notamment financièrement- à délivrer des génériques.

«Pour défendre les génériques, il faudrait que les contrôles garantissent que c’est bien le même produit», estime le médecin. «Les génériques font l’objet d’une attention toute particulière», reconnaît Marie-Christine Pérault-Pochat, mais elle affirme que les enquêtes de pharmacovigilance menée ont rarement débouché sur un retrait. «Les génériques du clopidogrel [un anti-coagulant, ndlr], un temps retirés, ont finalement été remis sur le marché», assure-t-elle.