Nantes: Un patient accro au jeu et au sexe à cause d'un médicament

SANTE Soigné pour la maladie de Parkinson, la patient attaque son neurologue et un laboratoire pharmaceutique...

Guillaume Frouin

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Des machines à sous dans un casino de la ville de Toulouse, en octobre 2007
Des machines à sous dans un casino de la ville de Toulouse, en octobre 2007 — Jean Philippe Arles / Reuters

C’est une première en France, selon son avocat. Mardi après-midi, Didier Jambart, un malade de Parkinson de 52 ans, va assigner son neurologue et le laboratoire pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK) devant le tribunal de grande instance de Nantes. Il leur reproche de ne pas leur pas avoir signalé les effets indésirables du Requip, médicament avec lequel il a été traité entre 2003 et 2005.

Il devient accro au jeu et au sexe

Marié et père de deux garçons, cet habitant d’Indre (Loire-Atlantique) est en effet devenu vite accro au jeu. En un an, il dépense ainsi «100.000 euros» dans les casinos et les sites de jeu en ligne.  Pour assouvir sa passion, ce cadre alors habilité «secret défense» à la DCNS multiplie donc les crédits à la consommation. Surtout, il vole des numéros de cartes bancaires. Voisins, collègues, l’agent immobilier qui prend en photo sa maison... Tout le monde y passe. Y compris ses nouvelles relations homosexuelles: depuis qu’il prend du Requip, Didier Jambart est aussi sujet à l’exhibitionnisme et aux poussées d’«hypersexualité»... Depuis, cet ancien conseiller municipal a changé de médicament, et les effets indésirables se sont stoppés. GSK, de son côté, affiche à présent une mise en garde sur sa notice.

Aujourd’hui, Didier réclame 450.000 euros au titre du préjudice moral et économique. «Depuis cette histoire, mon avancement de carrière a été stoppé net», plaide-t-il. «On est aussi des parias à Indre. On n’a plus d’amis, on vit isolé au milieu du monde.» 

No comment

Le Requip est toujours en vente aujourd’hui. «C’est un bon médicament pour traiter la maladie de Parkinson, mais il a de gros effets secondaires», insiste Didier Jambart. Interrogé ce lundi, le laboratoire GSK s’est refusé à faire tout commentaire. «On ne prend pas position, on laisse la justice suivre son cours», a dit une porte-parole.