L'adolescent mort après un repas chez Quick est probablement mort d'une intoxication alimentaire

ENQUÊTE este à savoir à quand remonte la contamination...

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Le restaurant Quick dans la zone commerciale de Cap Sud, Avignon, le 25 janvier 2011.
Le restaurant Quick dans la zone commerciale de Cap Sud, Avignon, le 25 janvier 2011. — P. POCHARD / SIPA

La probabilité est «forte» pour qu'une intoxication alimentaire soit à l'origine de la mort samedi dernier d'un adolescent qui avait dîné la veille dans un restaurant Quick d'Avignon, a annoncé ce vendredi le parquet, sans établir de lien formel avec le fast-food. «Il existe une forte probabilité qu'à l'origine» de l'oedème qui a causé le décès du garçon de 14 ans, «nous soyons, d'après les experts, en présence d'une toxi-infection alimentaire», a déclaré le procureur d'Avignon, Catherine Champrenault, lors d'un point presse, sur la base des premiers résultats de l'autopsie et des analyses biologiques et épidémiologiques.

La présence d'un «staphylocoque doré» et d'un «bacillus cereus» a en effet été détectée dans le liquide gastrique. «Il peut y avoir un lien avec ce qu'il a mangé la veille, mais on ne peut pas exclure totalement un lien avec des absorptions plus anciennes», a souligné la magistrate. Les hypothèses d'une rupture d'anévrisme ou d'une méningite ont été écartées. Par ailleurs, «l'analyse toxicologique est parfaitement négative: aucun stupéfiant, aucun médicament n'a entraîné le décès», a ajouté Catherine Champrenault, rappelant que la victime était «en très bonne santé».

L'ouverture d'une information pour homicide involontaire envisagée

Les résultats des tests effectués dans l'établissement ne sont pas encore connus. «Si ces premiers résultats devaient être confirmés par les conclusions des autres expertises en cours, le parquet serait amené à ouvrir une information du chef d'homicide involontaire», a affirmé Catherine Champrenault. L'adolescent, dont les obsèques se sont déroulées vendredi, est décédé samedi 22 janvier après avoir dîné la veille dans un restaurant Quick d'une zone commerciale de la périphérie d'Avignon. Il avait commandé le même hamburger que son père, sa mère et sa soeur consommant un autre menu.

Rentrés à leur domicile d'Oppède (Vaucluse), le père et le fils étaient pris dans la nuit de vomissements et de violents maux de tête. Dans la matinée de samedi, l'état du garçon empirait et il perdait connaissance. Alertés, pompiers et gendarmes ne pouvaient que constater son décès. Le père a subi des examens, dont les résultats ne sont pas encore disponibles, a précisé le procureur. Par mesure de précaution, la préfecture du Vaucluse avait pris, dès samedi, un arrêté de fermeture du restaurant, dont les portes restaient closes vendredi.

Les analyses de Quick pas transmises au juge d'instruction

La direction de Quick a assuré vendredi à l'AFP que les premiers résultats des analyses réalisées sur des échantillons prélevés sur ses produits étaient conformes aux normes sanitaires en vigueur. Ces analyses ont été effectuées sur des échantillons prélevés dans le restaurant d'Avignon sur les mêmes lots que ceux consommés le 21 janvier. Selon Catherine Champrenault, «ces résultats réalisés par une entreprise privée ne sont pas parvenus au juge d'instruction».

Quick a mis à disposition de ses clients, depuis lundi, un numéro vert d'information, le 0800.004.084. Ancien fleuron belge de la restauration rapide, le groupe Quick, fondé en 1971, est passé en 2006 sous pavillon français. Il a été racheté par CDC Capital Investissement (rebaptisé depuis Qualium Investissement), filiale de la Caisse des Dépôts. Il emploie 18.500 employés dans 468 restaurants, dont 79% exploités en franchise.