Mediator: Axa annonce que Servier n'est pas assuré pour les coupe-faims

SANTE Une clause du contrat qui lie le labo à l'assureur le stipule...

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Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France.
Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France. — AFP PHOTO/FRED TANNEAU

Rien ne va plus chez Servier. Son assureur, Axa, a indiqué mercredi à l'AFP que le laboratoire n'est pas assuré pour les risques liés aux anorexigènes ou coupe-faim, ce qui pourrait concerner le Mediator si celui-ci était formellement reconnu comme tel. Axa commentait une information publiée par la Lettre de l'assurance. La compagnie, au même titre que trois autres, assure Servier en responsabilité civile et prend donc en charge les éventuelles indemnisations liées à la commercialisation des médicaments du laboratoire.

Les autres compagnies se cachent

Mais l'assureur a exclu de cette couverture les anorexigènes ou coupe-faim, «ce qui veut dire que si le Mediator se révèle en être un, il ne sera pas couvert», a indiqué un porte-parole d'Axa. Aucune confirmation d'exclusions similaires n'a pu être obtenue auprès des autres compagnies couvrant Servier, qui n'ont pas voulu être identifiées.

Dans un rapport publié le 15 janvier, l'Inspection générale des Affaires sociales (Igas) présente le benfluorex, molécule commercialisée sous le nom de Mediator, comme «un puissant anorexigène». La clause d'exclusion concernant les anorexigènes remonte à 1997, a expliqué le porte-parole. Dans un communiqué, les laboratoires Servier ont confirmé «qu'Axa Corporate Solutions lui a(vait) indiqué une réserve de garantie relative aux réclamations qui lui ont été présentées par des patients ayant pris le médicament Mediator».

«Les Laboratoires Servier comprennent la position de la compagnie»

«Ils tiennent toutefois à confirmer qu'il a été convenu avec la compagnie Axa Corporate Solutions que tous les éléments permettant d'apprécier les conditions de l'application de la garantie lui seraient fournis prochainement», ajoutent-ils. «Les Laboratoires Servier comprennent la position de la compagnie dans le contexte actuel, mais considèrent qu'elle ne peut être définitive à ce stade», concluent-ils.

Commercialisé en France de 1975 à 2009, le Mediator, un médicament de Servier pour diabétiques en surpoids largement détourné comme coupe-faim, est accusé d'avoir causé plusieurs centaines de décès en France. Servier a été récemment suspendu par le syndicat patronal Les Entreprises du médicament (Leem) et Jacques Servier a annoncé se retirer de la présidence du G5 des laboratoires français, qui regroupe les principaux groupes pharmaceutiques français.