Bioéthique: les députés ont décidé le maintien de l'anonymat du don de gamètes

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Les députés ont décidé, en commission, à la quasi-unanimité de maintenir l'anonymat du don de gamètes (sperme ou ovocytes), dont le projet gouvernemental sur la bioéthique prévoyait la levée, apprend-on mercredi de source parlementaire.

Les députés, qui examinent en commission jusqu'à mercredi soir le projet sur la révision des lois de bioéthique, ont donc décidé de maintenir l'anonymat du don de gamètes. Ce principe a été adopté à la quasi-unanimité, un seul député, l'UMP Marc Le Fur, ayant voté pour le projet gouvernemental, préparé par la ministre de la Santé précédente, Roselyne Bachelot, qui demandait la levée de l'anonymat.

Jean Leonetti (UMP), rapporteur de la commission spéciale sur la bioéthique, a souligné que "l'anonymat et la gratuité doivent rester à la base du don".

Les députés se sont rangés aux positions défendues par les Cecos, les banques du sperme, qui craignent une chute brutale des dons en cas de levée de l'anonymat.

L'examen en séance du projet sur la révision des lois de bioéthique, aura lieu à partir du 8 février.

Alors que l'actuel ministre de la Santé, Xavier Bertrand, s'est clairement prononcé en faveur du maintien de l'anonymat du don de gamètes, la secrétaire d'Etat à la Santé Nora Berra, qui représentait le gouvernement à la commission, a défendu le texte de Mme Bachelot le trouvant "plutôt équilibré car il apporte des solutions à la souffrance des enfants".

Elle a indiqué qu'il y aurait "un débat au sein du gouvernement" pour décider, ou pas, de présenter de nouveaux amendements demandant la levée de l'anonymat.

En France, l'anonymat des dons de sperme est la règle depuis la création des Cecos dans les années 70. Quelque 50.000 enfants ont été conçus depuis 30 ans grâce à des dons de gamètes et certains demandent à connaître l'identité de celui ou celle qui leur a transmis la vie.