Euthanasie: Un amendement adopté en commission tue le débat dans l'oeuf

FIN DE VIE Le texte a été vidé de sa substance...

© 2011 AFP

— 

Une femme de 31 ans vivant dans l'Hérault, atteinte d'une maladie dégénérative, demande un referendum sur le suicide assisté et le droit à mourir dans la dignité et a lancé un appel en ce sens au président de la République, a rapporté mardi le quotidien Midi Libre.
Une femme de 31 ans vivant dans l'Hérault, atteinte d'une maladie dégénérative, demande un referendum sur le suicide assisté et le droit à mourir dans la dignité et a lancé un appel en ce sens au président de la République, a rapporté mardi le quotidien Midi Libre. — Etienne Ansotte AFP/archives

La commission des Affaires sociales du Sénat, examinant une proposition de loi sur l'euthanasie, a adopté ce mardi matin un amendement qui supprime l'article premier du texte visant à légaliser cette pratique, ont indiqué plusieurs de ses membres. Cet amendement, vidant de fait le texte de sa principale substance, était présenté par la sénatrice UMP de Paris Marie-Thérèse Hermange.

Il devait être représenté lors de l'examen du texte en séance publique dans la soirée, assorti d'un avis favorable de la commission. Cette même commission des Affaires sociales avait adopté le 18 janvier par 25 voix, 19 contre, et deux abstentions, une proposition de loi droite-gauche visant à légaliser l'euthanasie, suscitant un large débat dans la classe politique. François Fillon a clairement manifesté lundi son opposition à l'euthanasie.

«Précipitation»

L'article premier de ce texte, considéré comme l'article-clé, indique que «toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu'elle juge insupportable, peut demander à bénéficier (...) d'une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur».

C'est cet article que l'amendement de Marie-Thérèse Hermange adopté ce mardi matin a supprimé. Le vote est intervenu dans le cadre de l'examen par la commission des amendements dits «extérieurs» présentés par les sénateurs. Marie-Thérèse Hermange a estimé que la proposition de loi avait été adoptée en commission, le 18 janvier, «dans la précipitation». «Comment par exemple définit-on la souffrance, notamment psychique, pour le parent qui a un enfant autiste, schizophrène ou maniaco-dépressif?», s'est-elle interrogée auprès de l'AFP.