Bientôt un logo sur les boîtes de médicament à risques?

SANTE C'est ce que préconise la revue «Prescrire» pour les médicaments surveillés pour des effets indésirables...

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"Ne vous précipiter sur les médicaments" quand un enfant de moins deux ans tousse: la toux est un réflexe naturel utile qu'il faut respecter, même si elle ne disparaît pas toujours rapidement après une rhinopharyngite ou une bronchite virale.
"Ne vous précipiter sur les médicaments" quand un enfant de moins deux ans tousse: la toux est un réflexe naturel utile qu'il faut respecter, même si elle ne disparaît pas toujours rapidement après une rhinopharyngite ou une bronchite virale. — Bertrand Guay AFP/Archives

Un avertissement clair pour les patients devrait être mis sur les boîtes de médicaments qui font l'objet d'une surveillance particulière sur le plan des effets indésirables, selon la revue Prescrire.

Un signalement très apparent (logo par exemple) sur les boîtes permettrait aux patients, mais aussi aux professionnels de santé, de s'interroger «tiens et si ce qui m'arrive était dû au médicament», a relevé lundi le Dr Bruno Toussaint, directeur de la revue indépendante.

Il a souhaité plus généralement que le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, mette en oeuvre «rapidement et fermement» les changements annoncés.

Le «désastre sanitaire» du Mediator marque un «moment historique pour avancer», a-t-il dit.

«Encore trop de médicaments dangereux sur le marché»

Le ministre a estimé que pour obtenir l'autorisation de mise le marché il faudrait que le nouveau médicament soit au minimum équivalent au produit de référence déjà commercialisé, alors qu'actuellement il peut simplement faire mieux qu'un placebo (substance inactive).

Prescrire appuie cette proposition du ministre puisqu'elle la propose «depuis 2001». «Mais ça ne sera pas facile au niveau de l'Europe», a prévenu le Dr Toussaint.

Il a d'ailleurs rappelé que l'«on retrouve dans l'agence européenne les mêmes problématiques qu'on a vues à l'Afssaps (agence française)» en évoquant notamment des «conflits d'intérêts».

«Il y a encore beaucoup de médicaments sur le marché trop dangereux», a-t-il rappelé. «Il arrive 15 à 20 médicaments sur le marché chaque année, et il en sort seulement 3 à 4 pour des raisons de pharmacovigilance, alors forcément ça s'empile», a poursuivi le Dr Toussaint partisan d'«un grand ménage».

Actos, Ketec, Nimésulide, Buflomédil...

Il a cité, à titre d'exemples, des médicaments dans le collimateur de sa revue comme Actos (antidiabétique oral), Ketec (antibiotique) ou encore la Nimésulide (anti-inflammatoire, Nexen et ses génériques) ainsi que le Buflomédil (vasodilateur).

Interrogé sur son éventuel participation au travail des commissions sur le médicament, il a souligné que la revue compte avant tout. «Prescrire participera au cas par cas. Mais nous n'allons pas devenir des apparatchiks des commissions», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, il ne s'est pas montré défavorable à l'idée de créer un corps de visiteurs médicaux indépendants de l'industrie pharmaceutique.