Pour Soeur Marie Simon-Pierre, sa guérison reste "un grand mystère"

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"Cela reste un grand mystère": cinq ans après sa guérison de la maladie de Parkinson, qui a ouvert la voie à la béatification de Jean Paul II, Soeur Marie Simon-Pierre a toujours du mal à mettre des mots sur le miracle qui l'a sauvée.

"Pourquoi moi ? Cela reste un grand mystère. Il y a sans doute des gens, des enfants plus malades autour de moi. Je ne peux pas vous répondre. On est au service de la vie. Il y avait la prière de toutes mes Petites soeurs", a-t-elle déclaré, souriante et émue, lors d'une conférence de presse à l'archevêché d'Aix-en-Provence.

La religieuse, entrée à l'âge de 21 ans chez les Petites soeurs des maternités catholiques, travaillait en 2005 à celle de Puyricard, à Aix-en-Provence. Atteinte par la maladie de Parkinson depuis quatre ans, elle en ressentait de plus en plus la douleur et le handicap.

A la mort du pape Jean Paul II en avril, dont elle était "proche depuis toujours", elle a "l'impression de perdre un ami": "cette génération Jean Paul II, je pense que j'en fais partie", a-t-elle confié devant une forêt de micros, d'appareils photo et de caméras.

Les soeurs entament alors, le 14 mai, une neuvaine de prières à Jean Paul II: "ce n'était pas pour moi personnellement, si j'acceptais que l'on prie pour moi, c'était pour pouvoir continuer à servir ma mission", a expliqué Soeur Marie, en écho à sa supérieure, Mère Marie-Thomas.

Mais la maladie semble l'emporter et le 2 juin, elle veut renoncer à travailler. La Mère lui dit alors d'attendre son prochain séjour à Lourdes car "Jean Paul II n'a peut-être pas dit son dernier mot". Le soir, Soeur Marie ressent une envie d'écrire et y parvient. La nuit parachève le miracle: réveillée à 04H30, celle qui ne parvenait plus qu'avec difficulté à se mouvoir se lève d'un bond.

Ce matin-là, "au cours de l'eucharistie, j'étais persuadée d'être guérie. C'est vraiment un grand mystère difficile à expliquer avec des mots", s'excuse presque la religieuse. Son médecin n'en revient pas non plus: "Le 7 juin 2005, j'avais une consultation avec mon neurologue et en me voyant arriver, il m'a demandé si j'avais doublé ma dose de dopamine. Je lui ai dit: +non, j'ai tout arrêté+", a-t-elle raconté.

Le pape Benoît XVI a décidé la semaine dernière de béatifier, le 1er mai, son très populaire prédécesseur Jean Paul II, la congrégation pour la Cause des saints ayant reconnu à l'unanimité comme "miraculeuse" la guérison de Soeur Marie Simon-Pierre.

Présent à la conférence de presse, le Père Luc Marie Lalanne, qui a mené pendant un an l'enquête diocésaine sur le cas de Soeur Marie, a souligné qu'elle avait ensuite été soumise à des examens des plus scrupuleux avant que sa guérison, inexpliquée en l'état actuel des connaissances médicales, ne soit reconnue comme miraculeuse par le Vatican.

Celle qui aura 50 ans en février et officie à Bourgoin-Jallieu (Isère) aspire désormais à la tranquillité et souhaite que "les caméras se tournent vers le Christ".

"C'est l'anti-star par excellence, elle ne veut surtout pas être la vedette. Demain, elle rendra visite aux malades de l'hôpital de Bourgoin-Jallieu. Sa vie a changé et en même temps, elle n'a pas changé", a estimé Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France, à ses côtés à la tribune.