Mediator: Jacques Servier va devoir s'expliquer devant les parlementaires

ENQUETE La mission parlementaire souhaite entendre le fondateur du laboratoire qui a produit le médicament ainsi que tous les ministres de la Santé depuis 1976...

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Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France.
Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France. — AFP PHOTO/FRED TANNEAU

La mission parlementaire d'information sur le Médiator souhaite entendre les ministres de la santé depuis 1976 et «surtout» Jacques Servier, président-fondateur du laboratoire qui a créé ce médicament suspect d'avoir causé de nombreux morts, a indiqué le député Gérard Bapt (PS).

«Auditionner rapidement tous les ministres de la Santé»

«Notre commission souhaite auditionner rapidement tous les ministres de la Santé à partir de la mise sur le marché du Mediator en 1976, jusqu'à Xavier Bertrand aujourd'hui. Mais surtout, nous voulons entendre M. Servier», précise le député de Haute-Garonne, nommé mercredi président de la mission d'information sur le Mediator, dans un entretien au quotidien la Dépêche du Midi publié samedi.

L'Inspection générale des Affaires sociales (Igas) doit remettre ses travaux samedi sur ce médicament pour diabétiques en surpoids, prescrit aussi comme coupe-faim, et qui pourrait avoir causé plus de 500 morts jusqu'à son retrait du marché en 2009.

«Le rapport va déménager»

«Je crois savoir qu'il (ce rapport, NDLR) va déménager», estime le député dans cet entretien. Le rapport de l'Igas estime notamment que ce médicament aurait dû être retiré du marché bien plus tôt, indiquait Le Figaro vendredi.

Pour Gérard Bapt, Jacques Servier a «une capacité d'entregent auprès du corps médical, des autorités sanitaires, des experts, des agences, du monde politique et administratif», qui ont pu retarder le retrait du médicament dangereux.

Le député souligne que «la commission doit remettre ses propositions au plus tard en juin et elles devraient venir devant notre Assemblée à l'automne».

«Plus de transparence afin de juguler les conflits d'intérêts»

Parmi ces propositions, selon Gérard Bapt, «il y aura la nécessité d'instaurer plus de transparence afin de juguler les conflits d'intérêts».

«Tout le système est à revoir et cela commence avec la formation initiale des médecins» sur la pharmacopée, ajoute le président de la mission parlementaire.

«Nous allons préconiser aussi une indemnisation plus rapide des victimes après avoir fait une évaluation des dommages et du coût des soins, au moins 800 millions pour la collectivité», ajoute-t-il dans le quotidien régional.