Mediator: le patron de l'Afssaps pour "une rénovation sans complaisance"

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Le directeur général de l'agence de santé (Afssaps) Jean Marimbert se prononce pour "une rénovation sans complaisance" de cet organisme public après l'affaire du Mediator dans un tribune à paraître mercredi dans Libération, dans laquelle il évoque son départ proche.

"Je vais bientôt quitter cet établissement public dans le contexte d'une crise sans précédent, celle du Mediator", indique M. Marimbert dès le début de son texte.

Sollicité mardi soir par l'AFP, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a souligné qu'il ne s'agissait "pas d'une lettre de départ, (ni) d'une lettre de démission" mais "de pistes d'évolution pour l'agence".

Nommé en 2004 à la tête de l'Afssaps, M. Marimbert a déjà effectué deux mandats. Il a été renouvelé, il y a un an, pour un nouveau mandat de trois ans.

"Malgré la gravité de l'ébranlement actuel, je veux dire ma fierté d'avoir dirigé cet organisme public et ma reconnaissance envers ses équipes compétentes et dévouées à la santé publique", indique M. Marimbert.

"Mais comment nier que cette fierté est ternie par ce que nous apprend l'analyse de l'historique du Mediator? Et comment ne pas être taraudé par une interrogation lancinante sur ce qui aurait pu et dû être fait pour que l'usage et le mésusage de ce médicament cessent plus tôt?", ajoute-t-il.

"Face aux questions que soulève l'histoire du Mediator et à la perte de confiance qu'elle suscite, le statu quo n'est pas concevable", estime-t-il.

"Mais il faut aussi se garder d'une approche destructrice qui ferait table rase des progrès antérieurs et déstabiliserait un service public dont les professionnels de santé, les patients et l'Etat ont besoin au quotidien", met-il en garde.

"C'est pourquoi les propositions qui précédent prennent le parti de la rénovation sans complaisance", ajoute-t-il, détaillant les quatre "fronts principaux" sur lesquels il juge indispensable d'agir: pluralisme, transparence, conflits d'intérêts et pharmacovigilance.

Destiné aux diabétiques en surpoids et largement détourné comme coupe-faim, le Médiator, commercialisé en France de 1976 à novembre 2009, pourrait être responsable de 500 à 2.000 décès, selon des études réalisées à la demande de l'Afssaps.