AP-HP: des patients refusés en réanimation, 1.300 postes en moins en 2011

© 2011 AFP

— 

Les services de réanimation des hôpitaux parisiens sont contraints de refuser des patients, selon un cri d'alarme lancé mardi par le Mouvement de défense de l'Hôpital public (MDHP), inquiet de suppressions d'emploi qu'il évalue à 1.300 en 2011 à l'AP-HP.

"Il y a des gros soucis dans les services de réanimation qui ont refusé un grand nombre de patients le week-end dernier", a déclaré à l'AFP le secrétaire du MDHP, Bernard Granger, sans citer de chiffres mais en citant les hôpitaux Bicêtre (Kremlin-Bicêtre, Val de Marne), Cochin (Paris 6e) et Louis Mourier (Colombes, Hauts de Seine).

La saturation des services de réanimation de ces établissements appartenant tous à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) est due aux épidémies actuelles de grippe et de pneumonie, a affirmé M. Granger.

"Ce sont des tensions qu'on connaît chaque hiver (...) mais ça survient dans un contexte de contraintes médico-économiques qui font qu'il y a des lits fermés (...) en raison des problèmes de recrutement de personnels soignants et d'obtention de dotations suffisantes", a déclaré à l'AFP le professeur Christian Richard, chef du service réanimation de Bicêtre.

"Même une dizaine de lits fermés peuvent avoir un impact sur la fluidité", a-t-il poursuivi, expliquant que des patients doivent être redirigés sur d'autres établissements, avec les risques que cela comporte. "Nous ne faisons pas de catastrophisme mais nous voulons sensibiliser sur le fait qu'on est dans une période très contrainte", a-t-il ajouté.

Le MDHP, qui regroupe principalement des professeurs et médecins hospitaliers, dont le député UMP parisien et médecin Bernard Debré, avait déjà alerté en octobre sur l'engorgement des services d'urgence, après des problèmes d'effectifs infirmiers à l'hôpital Tenon (Paris 20e).

Et pour 2011, le mouvement estime que les hôpitaux parisiens devraient globalement enregistrer quelque 1.300 suppressions de postes, essentiellement des postes de personnels non médicaux, après avoir fait établir ses propres calculs sur la base des documents budgétaires 2011 de la direction de l'AP-HP.

Compte tenu de 53,35 millions d'euros à économiser sur le personnel non médical et du coût moyen annuel d'un membre de ce personnel évalué à 40.000 euros, cela aboutit à 1.334 emplois en moins, a expliqué M. Granger, selon lequel le directeur financier de l'AP-HP aurait déjà évoqué ce chiffre.

Contactée par l'AFP, la direction de l'AP-HP a indiqué n'avoir "jamais évoqué de suppressions d'emplois" dans ses documents budgétaires.

"Il faut savoir lire entre les lignes", a rétorqué M. Granger, reconnaissant que "le mot suppression d'emploi n'est pas prononcé".

La précédente direction de l'AP-HP avait indiqué que le plan de réorganisation, notamment la constitution de 12 groupes hospitaliers regroupant les 37 établissements, pourrait aboutir à la suppression de 3 à 4.000 postes sur la période 2010-2014.