Scandale de la dioxine: Berlin veut rassurer les consommateurs

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Les autorités allemandes s'efforçaient lundi de rassurer les consommateurs après une alerte à la dioxine qui a touché jusqu'à près de 5.000 élevages, surtout porcins et de volaille, mais dont la plupart ont pu rouvrir avec seulement 558 qui restaient fermés lundi soir.

Jusqu'à présent, seuls des tests sur des oeufs et des poules pondeuses ont fait apparaître des niveaux de dioxine supérieurs aux limites autorisées. Mais les résultats de tests sur la viande de volaille, de porc ou encore sur le lait de vache sont encore attendus.

La ministre de l'Agriculture Ilse Aigner a assuré qu'à "aucun moment, et maintenant non plus, les produits allemands n'ont été dangereux" pour la santé des consommateurs, après une rencontre avec des représentants du monde agricole, de l'industrie de l'alimentation animale et de la défense des consommateurs.

D'après un sondage publié dimanche, un Allemand sur cinq a renoncé à manger des oeufs.

Mme Aigner a promis que toutes les conséquences du scandale seraient tirées, tant au plan judiciaire que réglementaire. "Cette affaire aura des conséquences" car les responsables de la contamination, qui n'ont pas encore été clairement identifiés, "ont manifestement agi d'une façon totalement irresponsable et sans aucun scrupule".

Le ministère et les représentants agricoles se sont aussi mis d'accord pour étudier un "durcissement des procédures d'agrément pour les fabricants de compléments alimentaires pour animaux".

Au niveau européen, Mme Aigner proposera d'interdire de produire sur un même site à la fois des produits destinés à l'alimentation des animaux et des graisses "techniques" destinées à l'industrie.

L'entreprise dans le collimateur des autorités publiques, Harles und Jentzsch, produit à la fois des graisses destinées à des applications industrielles et à l'alimentation des animaux.

Elle est soupçonnée d'avoir utilisé un lot de graisses à usage industriel, livré par la société de biocarburants allemande Petrotec, pour fabriquer des graisses destinées à l'alimentation animale.

Dans le monde de l'élevage, l'ambiance était plutôt au soulagement, puisque le nombre d'entreprises fermées à titre préventif dans l'attente de résultats de tests est redescendu à 558 lundi soir, contre 4.709 au plus fort de la crise vendredi, selon le ministère fédéral de l'Agriculture. Sur ces 558 exploitations, 330 se trouvent en Basse-Saxe (nord), le Land le plus touché par le scandale.

La situation devrait continuer à se détendre, mais la ministre a souligné que "la sécurité (des consommateurs) est plus importante que la vitesse".

L'Allemagne devra aussi regagner la confiance des quelques pays ayant pris des mesures de précaution samedi: la Corée du sud, la Russie ou la Slovaquie.

Le ministre slovaque de l'Agriculture a indiqué lundi que la mise sur le marché de 365.000 oeufs importés d'Allemagne dans la première semaine de janvier avait été bloquée dans l'attente de résultats attendus mardi ou mercredi.

La Commission européenne a elle incité lundi l'Allemagne à abattre tous les animaux des élevages contaminés, même si la décision incombe aux autorités régionales allemandes. La mesure est déjà entrée en application et plusieurs milliers de poules ont déjà été éliminées, a déclaré Frédéric Vincent, porte-parole du commissaire à la Santé John Dalli.

En outre, une nouvelle réunion a été organisée lundi à Bruxelles avec les représentants des professionnels du secteur dans l'UE. Bruxelles attend des industriels qu'ils adoptent des mesures sur une base volontaire, "sinon la Commission pourrait procéder par voie de règlement", a dit le porte-parole.

La dioxine est un résidu de combustion industrielle ou naturelle qui peut, à haute dose, provoquer le cancer.