Médiator: l'UFC-Que Choisir va porter plainte contre X

SANTE C'est ce qu'a annoncé son président Alain Bazot...

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Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France.
Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France. — AFP PHOTO/FRED TANNEAU

L'association UFC-Que Choisir va déposer plainte contre X à Paris «avant jeudi» dans l'affaire du Médiator, a annoncé lundi à l'AFP son président Alain Bazot. «Cette plainte contre X, pour dégager les responsabilités dans cette affaire, sera déposée avant jeudi, au pénal», a précisé Alain Bazot, soulignant qu'elle porterait sur «mise en danger de la vie d'autrui, homicide et blessures involontaires, tromperie sur la marchandise et sur les risques inhérents du produit».

L'association entend ainsi être présente dans les différentes étapes de la procédure. «Il s'agit aussi de faire reconnaître que l'intérêt collectif a été violé et mérite une indemnisation», a expliqué Alain Bazot.

Pour la transparence

Une enquête préliminaire a été ouverte en décembre par le parquet de Paris, et a été confiée aux gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp).

«Nous ne sommes pas partisans de négociations à l'amiable, qui se font dans l'ombre et dans lesquelles tout le monde n'entrent pas», a par ailleurs indiqué le président de l'association de défense des consommateurs. «Les victimes risquent de déchanter en découvrant ensuite qu'elles ont été spoliées, alors que dans le cadre d'un fonds, cela se fera au vu et au su de tout le monde, dans la transparence», a-t-il ajouté.

Un système «pourri»

Au-delà de ce dossier précis, l'UFC-Que Choisir réclame «la réparation intégrale du préjudice dans un contexte de simplification des démarches pour les victimes». «Ce n'est pas notre premier scandale du médicament. Le Médiator n'est qu'un nouveau révélateur d'un système du médicament qui souffre de graves carences, d'un système pourri», a déclaré Alain Bazot. «Il faut que cela change et nous ne lâcherons pas sur le dossier de la réforme», a-t-il ajouté.

Le Médiator, un médicament du laboratoire Servier, destiné notamment aux diabétiques en surpoids et largement détourné comme coupe-faim, a été commercialisé en France de 1976 à novembre 2009, date de son retrait du marché. Accusé d'avoir causé de graves problèmes cardiaques et pulmonaires, ce médicament pourrait être responsable de 500 à 2.000 décès, selon les estimations.