Buflomédil, Nimésulide et Vinflunine, accusés d'être des médicaments dangereux

SANTE C'est ce qu'indique la revue de référence, «Prescrire», qui demande son retrait du marché...

M. P.
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Les pharmacies qui le souhaitent vont désormais pouvoir proposer en libre-service plus de 200 médicaments vendus sans ordonnance et non remboursables, destinés à traiter des symptômes courants et bénins, comme la douleur légère ou modérée, la toux ou le mal de gorge.
Les pharmacies qui le souhaitent vont désormais pouvoir proposer en libre-service plus de 200 médicaments vendus sans ordonnance et non remboursables, destinés à traiter des symptômes courants et bénins, comme la douleur légère ou modérée, la toux ou le mal de gorge. — Bertrand Guay AFP

Nouveau scandale en vue sur le marché du médicament? La revue spécialisée Prescrire recommande de «retirer» du marché un vasodilatateur (qui permet de dilater les vaisseaux sanguins), le Buflomédil. D’après la revue, le médicament est «sans intérêt thérapeutique démontré» et peut occasionner des effets secondaires indésirables neurologiques et cardiaques, «parfois mortels, en particulier en cas de doses élevées ou inadaptées à l'insuffisance rénale».

Prescrire rappelle que  l’Agence française du médicament  (Afssaps) a mis au jour plusieurs dizaines de cas d’effets indésirables  graves, dont certains mortels, entre 2007 et 2009. «Combien de victimes  faut-il encore aux firmes concernées ou à l’Afssaps pour décider de  retirer ce médicament du marché?», s’interroge Prescrire

«Prescrire», une bible?

Une  décision sera prise «dans les premières semaines de 2011», a répondu Fabienne Bartoli, adjointe du directeur général de l'Afssaps. «C'est  effectivement un produit qui est en cours de réévaluation du  bénéfice-risque», a-t-elle ajouté. «Ca veut dire qu'effectivement il est dans un processus où l'aboutissement pourrait être un retrait, voire une suspension».

Prescrire recommande également le retrait du marché d’un anti-inflammatoire le Nimésulide, responsables «d’hépatites graves», déjà retiré de certains marchés européens, ainsi que la Vinflunine, un anticancéreux. Interrogé sur Europe 1 ce mardi matin, le professeur Philippe Even, président de l’Institut Necker a appelé à ne plus prescrire ces trois médicaments. «Depuis 20 ans», il n’a «jamais vu se tromper» la revue Prescrire. «Chaque fois que j'ai étudié un médicament, souvent après elle d'ailleurs, j'ai retrouvé les mêmes faits. C'est quasiment une bible».