Irène Frachon : "on ne saura jamais le nombre de morts" liées au Mediator

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La pneumologue Irène Frachon, à l'origine de la mise au jour du scandale du Mediator, estime qu'"on ne saura jamais le nombre de morts" liées à ce médicament mais qu'on devrait pouvoir "approfondir la connaissance de (son) impact réel sur l'espérance de vie".

Sur RTL, le Dr Frachon a justifié l'incertitude sur le nombre de décès en faisant valoir que "beaucoup de patients sont morts chez eux, sans qu'on puisse vérifier de quoi ils sont morts".

Elle a rappelé aussi que le chiffre de 500 morts, d'abord évoqué, "reposait sur une mortalité à court terme parfaitement mesurée par la Caisse d'assurance maladie", estimant que les chiffres de 1000 à 2000 morts désormais avancés sont des extrapolations "probablement assez voisines d'une certaine réalité".

"Dans les années à venir, avec le suivi qui va être mis en place des personnes qui ont consommé du Mediator depuis quelques années, on va certainement approfondir nos connaissances sur l'impact réel du Mediator sur l'espérance de vie", a-t-elle ajouté.

Elle a regretté le fonctionnement de l'agence des produits de santé qu'elle a jugé "très cloisonné" et "malgré une volonté affichée de transparence, très marqué par le secret, avec un poids important du lobby pharmaceutique".

"Il faut s'intéresser de très près (...) à la façon dont le laboratoire Servier (qui a produit le Mediator, ndlr) a géré les alertes depuis 10 ans, et probablement depuis beaucoup plus longtemps, concernant l'Isoméride (cousin du Mediator, interdit depuis 1997, ndlr) et le Mediator", a-t-elle dit.