Mediator: Jean-Marie Le Guen accuse les labos

DECLARATION L'ex-président du conseil d'administration des Hôpitaux de Paris affirme que l'industrie «s'est infiltrée dans la prescription médicamenteuse»...

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Le député PS Jean-Marie Le Guen: "Au-delà de l'immobilisme ce remaniement signe l'affaiblissement inouï de Nicolas Sarkozy".
Le député PS Jean-Marie Le Guen: "Au-delà de l'immobilisme ce remaniement signe l'affaiblissement inouï de Nicolas Sarkozy". — Nathalie Magniez AFP/Archives

Jean-Marie Le Guen, député PS et adjoint au maire de Paris chargé de la santé, a estimé ce lundi qu'«il est temps de ramener l'industrie du médicament à sa place» en France au vu de l'affaire du Mediator qui montre «un dysfonctionnement global de notre système de santé publique».

«La justice, les enquêtes parlementaires feront la part des responsabilités individuelles, s'il y en a. Mais je pense que nous aurions tort de penser que c'est la faute de telle ou telle personne et de ne pas regarder que c'est notre système global qui dysfonctionne», a déclaré Jean-Marie Le Guen sur Europe 1. L'ex-président du conseil d'administration de l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) a en particulier mis en cause «la manière dont l'industrie du médicament s'est infiltrée dans la prescription médicamenteuse, dans l'information médicale, dans la démarche commerciale vis-à-vis des médecins».

«Ramener l'industrie à sa place»

«Il est temps de ramener l'industrie à sa place, de faire en sorte que ce soit la puissance publique et les sociétés savantes qui aient le monopole de l'information et de la diffusion de l'information sur les produits», a préconisé Jean-Marie Le Guen. Il a jugé anormal que «certains médecins prescrivent des médicaments en dehors des recommandations qui sont faites par les autorités sanitaires».

Le Mediator, destiné aux diabétiques en surpoids, aurait «apparemment dans 70% des cas été prescrit en dehors de ce qu'il fallait», notamment «comme coupe-faim», a-t-il dénoncé. Les chiffres de 1.000 à 2.000 morts provoqués par ce médicament sont fondés «sur des études épidémiologiques qui ne sont pas encore complètement assises, ils sont déjà très très alarmants. C'est de loin la plus grosse affaire de santé publique qu'ait eu à connaître notre pays», a souligné Jean-Marie Le Guen.