Médiator : dès 1998, l'Assurance maladie s'inquiétait des risques

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Dès 1998, trois professeurs de médecine de la sécurité sociale alertaient la direction de l'Agence du médicament sur les risques de l'utilisation non autorisée du Médiator, comme coup-faim, selon une lettre publiée en ligne par Le Figaro.

"Il nous semble utile d'alerter l'Agence du Médicament sur l'utilisation non contrôlée d'un produit de structure amphétaminique, dans un but anorexigène (coupe-faim)", écrivent-ils dans cette lettre transmise le 21 septembre au directeur général de l'agence du médicament d'alors, Jean-René Brunetière, selon ce document mis en ligne.

"Il est en effet assez paradoxal de constater que la prescription de Mediator est tout à fait libre tandis que celle des médicaments du groupe des amphétaminiques est strictement encadrée depuis mai 1995".

Les professeurs Hubert Allemand, médecin conseil de la Caisse nationale de l'Assurance Maladie, Claudine Blum-Boisgard (Canam), Patrick Choutet (Mutuelle Sociale Agricole) vont même jusqu'à mettre en doute l'intéret thérapeutique de ce médicament : il serait, écrivent-ils, "opportun de procéder à une réévaluation de l'utilité du Médiator" dont la prescription était alors autorisée pour le diabète avec surcharge pondérale et les excès de graisses sanguines.

"Malgré cette alerte très forte, rien ne se passe. Pourtant, tous les anorexigènes (coupe-faim) feront l'objet d'une interdiction totale, au plus tard en l'an 2000. Tous. Sauf le Mediator", note Le Figaro.

Le Mediator, commercialisé en 1976, n'a été retiré du marché qu'en novembre 2009, soit 11 ans après cette lettre.