Tapis-puzzle, nounours ou camions : des jouets passés au crible avant Noël

© 2010 AFP

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Un nounours s'enflamme après avoir eu les yeux presque arrachés par des pinces automatiques : ce jouet, comme le tapis-puzzle récemment suspendu de la vente en France et en Belgique, est l'un des 14.000 contrôlés chaque année par les services officiels spécialisés.

Si les yeux ne résistent pas à une traction de neuf kilos, si la peluche prend feu trop vite, le jouet sera considéré comme dangereux et retiré de la vente, explique à la presse Frédéric Saltron, le directeur du centre de Marseille.

Ce laboratoire d'analyses et celui de Lille sont les deux seuls à tester les jouets, sur les 11 centres que compte la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF).

La plupart des jouets jugés dangereux sont ceux destinés au moins de 36 mois, dont des petits éléments se détachent et risquent d'être portés à la bouche par les bambins, souligne-t-il.

Il montre aussi un tableau magnétique destiné à des plus grands, écarté car l'aimant d'une des lettres pourrait être dangereux en cas d'ingestion.

Sur une étagère derrière lui, un Pierrot le dispute à un tracteur au milieu de dizaines de panneau de circulation en plastique surplombés par une Tour Eiffel dorée.

Du simple test d'inflammabilité à l'examen chimique plus poussé, "il faut habituellement entre cinq minutes et trois jours" pour évaluer la dangerosité d'un jouet, précise à l'AFP Frédéric Saltron.

Mais parfois, la procédure se complique comme pour le tapis-puzzle, où des tests sont toujours en cours pour déterminer la quantité contenue de formamide, un produit potentiellement cancérigène qui sera interdit pour les jouets dans l'Union européenne à partir de 2013.

La France a emboîté le pas à la Belgique en suspendant lundi et pour trois mois la vente de tapis-puzzle en plastique multicolore.

"Si dans les jours qui viennent, il s'avère que tel ou tel produit ne présente pas de risque, nous le remettrons sur le marché", tempère toutefois le secrétaire d'Etat à la Consommation, Frédéric Lefebvre, venu visiter le centre.

Car tout est affaire de normes qui, pour l'heure, ne sont pas harmonisées en Europe. Et certaines expertises peuvent aussi en contredire d'autres.

M. Lefebvre cite l'exemple d'une "veilleuse Disney Pixar" notifiée par le système d'alerte européen Rapex le 24 novembre pour "forts risques de brûlure" et "de chocs électriques" mais qui n'a pas été retirée de la vente en France car, dit-il, "les contrôles ont montré qu'on était à la limite mais dans les normes".

Au total, la DGCCRF conduit chaque année "14.000 actions de contrôle dans 4.400 établissements, générant plus de 800 prélèvements" de jouets jugés potentiellement dangereux sur lesquels sont conduits des tests approfondis, explique Frédéric Lefebvre.

Une goutte d'eau dans les centaines de milliers de jouets vendus par an en France, l'un des plus gros marchés européen du jouet.

En moyenne, un quart des jouets ciblés comme suspects sont, à l'issue des tests, déclarés dangereux et retirés de la circulation, ajoute la directrice générale de la DGCCRF, Nathalie Homobono.

"Les tests visent certains produits pour lesquels il existe une suspicion. C'est donc normal que nous ayons un quart d'entre eux qui se révèlent dangereux", insiste-t-elle.

"Attention ! Cela ne signifie pas que 25% des jouets (dans le commerce) sont dangereux", renchérit Frédéric Lefebvre.