SANTE

Surmortalité chez des patients traités aux hormones de croissance synthétique

C'est ce qu'a pu constater une étude de l'Afssaps...

Une surmortalité a été observée chez des patients traités dans leur enfance pour un retard de croissance avec des hormones de croissance synthétiques, sans qu'on puisse établir avec certitude que le traitement en est la cause, a indiqué ce vendredi l'Agence des produits de santé (Afssaps).

Les premiers résultats d'une étude épidémiologique baptisée Saghe, portant sur près de 7.000 patients, indiquent un risque de surmortalité par rapport à la population générale, avec 93 décès constatés contre 70 attendus.

Résultats «suffisamment significatifs»

Ces résultats «ne permettent pas d'établir avec certitude une relation de causalité avec le traitement par hormone de croissance», mais «sont néanmoins suffisamment significatifs» pour être rendus publics, selon l'Afssaps.

Ces données ont été transmises à l'Agence européenne du médicament (Emea) où elles feront l'objet d'un examen dès la semaine prochaine.

Les médecins appelés à prendre des mesures de précaution

Dans l'attente du résultat de l'évaluation européenne, l'Afssaps recommande aux médecins «par mesure de précaution, de réserver» ce traitement hormonal aux enfants pour lesquels le bénéfice est grand, comme ceux ayant un déficit en hormone de croissance naturelle.

Ce traitement est en effet également utilisé dans d'autres cas comme des enfants présentant un retard de croissance mais dont l'organisme produit normalement l'hormone nécessaire. Elle rappelle par ailleurs la nécessité de ne pas dépasser les doses officellement autorisées.

L'étude Saghe concerne au total près de 10.000 jeunes adultes ayant été exclusivement traités par des hormones synthétiques dans l'enfance entre 1985 et 1996. Les hormones de croissance synthétiques (recombinantes) sont les seules autorisées en France depuis l'interdiction des hormones extraites de cadavres humains.