Mediator: "suspicion" de l'Afssaps dès 1998, selon l'avocat de victimes

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L'avocat de victimes du Mediator, Me Charles Joseph-Oudin, a révélé mercredi sur France Info qu'un document de l'Agence du médicament faisait état de "suspicion" à l'égard de cet antidiabétique dès 1998.

"J'ai un certain nombre d'éléments qui montrent en réalité que dès avril 1998 le comité technique de pharmacovigilance de l'Afssaps, l'Agence du médicament, notait que le Mediator avait des liens très étroits avec l'Isoméride", a déclaré Me Charles Joseph-Oudin.

"Compte tenu de la suspicion, le comité technique demandait des enquêtes offcielles pour établir les liens possibles entre les valvulopathies observées et le médicament Médiator, et ça c'est le 30 avril 98", a indiqué l'avocat.

De son côté, le Canard Enchaîné a fait état mercredi d'un "document préparatoire" à une réunion de la Commission de transparence de la Haute Autorité de Santé (HAS), en date du 12 avril 2006, pointant les dangers du benfluorex (Mediator).

"En Espagne, la survenue sous benfluorex de troubles cardiaques graves, semblables à ceux observés avec la fenfluramine (Ponderal) et la dexfenfluramine (Isoméride), est à l'origine du retrait du marché", selon un extrait du document publié par Le Canard Enchaîné.

"Je veux tout savoir sur ce dossier", a pour sa part déclaré le ministre de la Santé Xavier Bertrand, interrogé à propos de ce document sur France 2.

"J'attends le rapport qui sera fait par l'Igas, pour le 15 janvier s'agissant de la première étape, de façon à ce qu'on puisse répondre à ces questions", a-t-il indiqué.

"La vraie question aujourd'hui c'est la question de la dangerosité, si quelqu'un savait qu'il y avait une dangerosité parmi les experts, quelle décision, quelle information ont été prises ou devaient être prises. Et ça c'est l'Igas qui doit me le dire et me répondre noir sur blanc", a ajouté le ministre.

Commercialisé en France par les laboratoires Servier de 1976 à novembre 2009, le Mediator, médicament pour diabétiques en surpoids prescrit aussi comme coupe-faim, a été utilisé au total par 5 millions de patients, avant d'être retiré du marché en novembre 2009. Il aurait causé au moins 500 morts.