Médiator: Irène Frachon, un médecin qui fait les gros titres

SANTE La pneumologue a dévoilé le scandale dans un livre dont une partie du titre a été censurée...

Ingrid Gallou

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Cinq cents morts seraient dus à l'antidiabétique Mediator. Mais selon le Dr Irène Frachon, c'est un chiffre « a minima que l'on pourrait multiplier par 2, 3 ou 4 ».
Cinq cents morts seraient dus à l'antidiabétique Mediator. Mais selon le Dr Irène Frachon, c'est un chiffre « a minima que l'on pourrait multiplier par 2, 3 ou 4 ». — DIALOGUES

«Combien de morts?» Le Dr Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, posait la question en juin dernier en couverture de Mediator 150mg avant qu'elle ne soit censurée par le tribunal, saisi par le laboratoire Servier. Ce mardi, la juridiction rennaise va statuer en appel sur ce sous-titre litigieux. Mais à la veille de cette décision, la pneumologue sait d'ores et déjà que «cette question était la bonne». Car depuis qu'elle est montée au créneau avec son éditeur brestois, le scandale a eu lieu, donnant au public quelques éléments de réponse. Cinq cents décès seraient dus au Mediator, un chiffre «a minima que l'on pourrait multiplier par 2, 3 ou 4», assure-t-elle.

Un «soulagement»

Après trois années de combat contre cet antidiabétique commercialisé en France jusqu'en novembre 2009, c'est le «soulagement». Pas tant pour elle que pour les victimes, qu'elle connaît pour certaines, et qui désormais «ont compris pourquoi elles sont malades». Elle évoque ainsi le malaise d'une patiente à la lecture du livre. «C'est un choc d'apprendre que l'on a été tout bonnement empoisonné.» Ignorée, censurée et discréditée des mois durant, Irène Frachon avoue tout juste avoir été «affreusement déçue par l'Agence de sécurité sanitaire [Afssaps], trop lente à interdire le Mediator». Celle que son éditeur Charles Kermarec décrit comme une combattante inébranlable et intraitable admet tout de même redouter la dernière épreuve qui l'attend aujourd'hui: «Les plaidoiries, le mépris et la mauvaise foi fatigante pour les victimes.» Plus que tout, elle tient à ce que le titre de son livre lui soit rendu, «pour ne pas laisser l'omerta s'installer. En termes de jurisprudence, ce serait dramatique.»