Médecine de proximité: Mme Hubert suggère "un paiement à l'acte gradué"

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L'ancienne ministre de la Santé Elisabeth Hubert suggère "un paiement à l'acte gradué" tenant compte de la complexité et de la durée d'une consultation, dans son rapport sur la médecine de proximité qu'elle doit remettre vendredi à Nicolas Sarkozy.

Dans un entretien au Quotidien du médecin publié jeudi, elle propose aussi un système de rémunération par "forfait pour les soins coordonnés".

"On ne peut plus payer le même prix pour une consultation, quelle que soit sa complexité ou sa durée", estime l'ex-ministre, qui défend l'idée de "quatre ou cinq tarifs", pouvant aller jusqu'à "60 euros pour un acte quand il vaut bel et bien ces 60 euros".

"Au total, les revenus nets des médecins ne seront peut-être pas plus élevés mais au moins ils arrêteront de régresser", fait-elle valoir.

Dans un communiqué, le député UMP Jacques Domergue rappelle qu'il a lui aussi "déjà suggéré il y a quelques mois, dans une note remise à l'Elysée, que d'autres modes de rémunération pour les médecins libéraux étaient souhaitables, comme la rémunération forfaitaire, piste aujourd'hui envisagée par le président de la République".

"Le système actuel de paiement à l'acte a montré ses limites. S'il incite à l'activité du praticien, il peut cependant induire des comportements pervers liés à la surfacturation de certains actes et surtout à la réalisation d'actes inutiles", estime-t-il.

A propos de la démographie médicale et de la désaffection de certaines régions, Mme Hubert ne se prononce pas pour la remise en cause de la liberté d'installation.

A moyen terme, selon elle, "l'exercice des professionnels dans les territoires déjà désertifiés en médecins doit par exemple être reconnu de +service public+".

En outre, "l'aide à l'installation doit être non seulement financière mais aussi organisationnelle", a prôné Mme Hubert, en référence "au compagnonnage, à la formation à l'exercice libéral".

Elle ajoute que "tous les outils" n'ont pas été utilisés. "On a pensé +finances+ alors que le problème n'est pas financier".

Quant aux "maisons et pôles de santé pluridisciplinaires", ils devront être "mieux accompagnés: leur environnement juridique a besoin d'être sécurisé, leur viabilité économique doit être garantie", dit-elle.

Dans son rapport, l'ex-députée de Loire-Atlantique, médecin de formation, veut remettre à plat la formation des médecins, trop centrée sur l'hôpital, selon elle.

Ministre de la Santé en 1995, Elisabeth Hubert a été chargée en avril dernier d'une mission sur la médecine de proximité par le président Nicolas Sarkozy. Elle préside actuellement la Fédération nationale des établissements d'hospitalisation à domicile (Fnehad).