La surveillance des médicaments doit être indépendante

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La surveillance des effets indésirables des médicaments (pharmacovigilance) doit être indépendante et financée sur fonds publics afin de protéger la santé des citoyens, a estimé mercredi le Collectif Europe et Médicament, évoquant le "scandale sanitaire et économique" du Médiator.

"Pour être de qualité et répondre prioritairement à des objectifs de santé publique sans confusion avec des intérêts industriels, l'évaluation des médicaments doit être réalisée par des experts indépendants, en toute transparence, au sein d'une structure financée essentiellement par des fonds publics", écrit le collectif (MiEF) dans un communiqué.

Créé en mars 2002, le collectif, dont la revue spécialisée Prescrire se fait le relais, regroupe plus de 60 organisations (patients usagers, professionnels de santé, consommateurs) de 12 pays de l'Union européenne.

"En 2009, plus de 80 % du budget de l'Afssaps (Agence française du médicament) émanait du produit des taxes versées par les firmes pharmaceutiques", note le collectif qui dénonce ce mode de financement.

Selon lui, l'affaire du Médiator est un "scandale sanitaire et économique qui aura causé au minimum 500 morts, plusieurs milliers d'hospitalisations et de chirurgies cardiaques, qui montre d'une part, que les intérêts industriels ont été longtemps privilégiés aux dépends de la santé des patients et d'autre part, une gestion tardive et incohérente de ce dossier par l'Afssaps".

"La refonte de la directive européenne sur la pharmacovigilance, qui sera prochainement adoptée (les 6 et 7 décembre), va permettre que les déclarations directes des patients soient enregistrées", se réjouit le collectif.

"Néanmoins, la protection des patients ne sera garantie que si la pharmacovigilance ne repose pas sur les industriels, qui ne peuvent être juge et partie", remarque-t-il.

Commercialisé en France par les laboratoires Servier de 1976 à novembre 2009, le Médiator (benfluorex), médicament pour diabétiques en surpoids prescrit aussi comme coupe-faim, a été utilisé par 5 millions de patients, avant d'être retiré du marché en novembre 2009. Il est responsable d'au moins 500 décès, selon l'Afssaps.