L'Atlas de la démographie médicale révèle le nouveau visage de la médecine

SANTE Le Conseil national de l'Ordre des médecins l'a révélé mardi...

Ingrid Gallou

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Un médecin examine un patient.
Un médecin examine un patient. — JAUBERT/SIPA

Plus âgé, plus féminin, préférant exercer en groupe et en tant que salarié, plutôt qu’en libéral. C’est un médecin d’un nouveau genre que révèle l’Atlas de la démographie médicale en France, rendu public ce matin par le Conseil national de l’Ordre des médecins. Sur les 5.259 nouveaux médecins inscrits à l’Ordre, seuls 8,6% ont fait le choix d’une médecine libérale exclusive. 80% d’entre eux n’envisageraient même pas de s’installer, prouvant, cette année encore, que l’activité libérale reste peu attractive aux yeux des jeunes.

Cet état de fait touche à la fois la médecine générale et les autres spécialités. Ainsi, pas un seul ophtalmologue ne s’est installé à son compte à Paris en 2009. La capitale qui, comme l’ensemble de l’Ile-de-France, a perdu de son attractivité en libéral. «Dans quelques temps, Paris manquera même de généralistes, prévient Michel Legmann, président de l’Ordre des médecins. Pour l’heure, la désertification se poursuit dans les zones rurales: 45 départements comptent un nombre d’inscrits inférieur à la moyenne au 1er janvier 2010. Dans cinq d’entre eux, on en dénombre même aucun.

La région PACA la mieux servie

La Picardie demeure la région enregistrant la plus faible densité médicale, suivie de près par le Centre et la Haute-Normandie. La moitié sud de la France continue, elle, d’avoir les faveurs des médecins, particulièrement les régions PACA, Rhône-Alpes, mais aussi la Corse, qui enregistre au 1er janvier 2010 le plus grand nombre de nouveaux libéraux inscrits. À l’origine de cette mutation de la profession, l’émergence d’une nouvelle génération, formée en équipe et préférant exercer en groupe, fuyant la solitude d’un cabinet de campagne. «Aujourd’hui, fait savoir le Conseil de l’Ordre, le médecin qui s’installe est une femme, dont le conjoint exerce une autre profession. Amenée à déménager régulièrement, elle ne souhaite pas investir dans l’immobilier. Il faut écouter les aspirations de ces jeunes».