L'affaire des prothèses mammaires défectueuses n'en finit plus de rebondir

SANTE Cette fois, c'est une plainte contre l'organisme chargé de certifier le gel qui a été déposé...

© 2010 AFP

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Une plainte a été déposée vendredi à Marseille (sud) à l'encontre de la société allemande qui certifiait le gel contenu dans les prothèses mammaires défectueuses du fabricant varois PIP, soupçonné de fraude, a-t-on appris auprès d'un avocat des victimes, confirmant une information du Parisien.
Une plainte a été déposée vendredi à Marseille (sud) à l'encontre de la société allemande qui certifiait le gel contenu dans les prothèses mammaires défectueuses du fabricant varois PIP, soupçonné de fraude, a-t-on appris auprès d'un avocat des victimes, confirmant une information du Parisien. — Gerard Julien afp.com

Une plainte a été déposée ce vendredi à Marseille à l'encontre de la société allemande qui certifiait le gel contenu dans les prothèses mammaires défectueuses du fabricant varois PIP, soupçonné de fraude, a-t-on appris auprès d'un avocat des victimes, confirmant une information du Parisien.

Cette plainte, déposée auprès du procureur de la République à Marseille, vise la société allemande TUV Rheinland, basée à Cologne. Elle a été déposée au nom de l'Association des femmes porteuses de prothèses Poly Implant Prothese (PIP), dont près de 1.400 membres ont par ailleurs porté plainte contre PIP.

«Mise en danger d'autrui et de blessures involontaires»

Le pôle santé du parquet de Marseille a ouvert en mars une enquête préliminaire dans le cadre de cette affaire, parallèlement au retrait du marché des prothèses défectueuses par l'Agence des produits de santé (Afssaps) et à la mise en liquidation judiciaire de PIP.

«Il apparaît que les infractions de mise en danger d'autrui et de blessures involontaires soient constituées à l'encontre de la société TUV Rheinland», affirme le texte de la plainte, dont l'AFP a obtenu copie. «Quand on est chargé de certifier ce genre de produits, on ne se contente pas de venir sur place en prévenant à l'avance, il faut une étude beaucoup plus poussée, dans la durée», a déclaré à l'AFP Me Philippe Courtois.

«Il y avait une connivence»

«Tous les dirigeants et salariés savaient quand ils venaient. Les mauvaises cuves de gel étaient alors remplacées par des bonnes, et inversement quand ils s'en allaient. Il y avait une connivence», a-t-il ajouté. Le nombre de femmes porteuses de prothèses PIP est évalué en France à 30.000, alors qu'une grande partie de la production de la société, un temps troisième fabricant mondial, a aussi été exportée, notamment en Grande-Bretagne et en Espagne.

Le président du conseil de surveillance et fondateur de PIP, Jean-Claude Mas, était toujours entendu ce vendredi par les enquêteurs à Marseille. Son audition a commencé jeudi matin.