Mediator: Ce qu'il faut savoir si on a pris le médicament

SANTE Qui est concerné? Que faut-il faire?...

Julien Ménielle

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Un médecin examine un patient.
Un médecin examine un patient. — JAUBERT/SIPA

Le Mediator a été retiré de la vente depuis novembre 2009, mais il fait toujours parler de lui. L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a relancé la polémique en rendant public un rapport de la Cnam qui annonce que le médicament aurait fait 500 morts. 20minutes.fr fait le point sur la conduite à tenir pour les patients.

Qui est concerné?
Toute personne qui a pris le médicament pendant au moins 3 mois, entre 2006 et son interdiction en 2009. En effet le risque de développer une complication apparaît dans les 2 premières années et persiste dans les 2 années qui suivent l’arrêt du traitement puis devient très faible. Selon l'Afssaps, «plusieurs dizaines de milliers de personnes» seraient concernés. Xavier Bertrand, tout nouvellement nommé ministre de la Santé, a préféré de son côté inviter «tous ceux» qui ont pris du Médiator à se rendre chez leur médecin.

Que faut-il faire?
Contacter son médecin traitant, qui recherchera les signes de valvulopathie. «Si le médecin repère qu'ils ont un souffle cardiaque, il les enverra vers une consultation de cardiologie», a précisé ce mardi le directeur général de l’Afssaps. L’examen principal est l’échographie cardiaque, totalement indolore.

Qu’est-ce qu’une valvulopathie?
C’est une atteinte des valves cardiaques, qui séparent les différents «compartiments» du cœur (oreillettes et ventricules) et les artères qui y sont abouchées. Le Mediator pourrait les rendre moins souples, et diminuer leur capacité à se femer complètement. D’où la présence d’un «souffle cardiaque», signe d’une fuite. Le cœur fournit donc un effort supplémentaire pour expulser le sang qu’il contient, ce qui le fatigue à la longue. Cette atteinte peut être bénigne ou provoquer une insuffisance cardiaque. La prise en charge va donc de la simple surveillance à l’intervention chirurgicale.

Quels sont les signes d’une valvulopathie?
L’Afssaps a conseillé aux patients ayant suivi le traitement de consulter en cas de manifestation des signes suivants: Essoufflement à l'effort, oedème des membres inférieurs, fatigue inexpliquée.