La bactérie C.difficile s'est répandue dans les hôpitaux d'Europe

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La bactérie Clostridium difficile s'est répandue de façon variable dans les hôpitaux d'Europe mais la souche agressive "027", devenue commune aux Etats-Unis et au Canada, ne s'est pas jusque-là solidement implantée en Europe où elle reste minoritaire, selon une étude publiée mardi par la revue médicale britannique The Lancet.
La bactérie Clostridium difficile s'est répandue de façon variable dans les hôpitaux d'Europe mais la souche agressive "027", devenue commune aux Etats-Unis et au Canada, ne s'est pas jusque-là solidement implantée en Europe où elle reste minoritaire, selon une étude publiée mardi par la revue médicale britannique The Lancet. — Philippe Merle AFP/Archives

La bactérie Clostridium difficile s'est répandue de façon variable dans les hôpitaux d'Europe mais la souche agressive "027", devenue commune aux Etats-Unis et au Canada, ne s'est pas jusque-là solidement implantée en Europe où elle reste minoritaire, selon une étude publiée mardi par la revue médicale britannique The Lancet.

La fréquence du type 027, de 5% en moyenne des souches testées, atteint ses taux les plus élevés au Royaume-Uni et en Irlande, selon l'étude.

En France, la souche 027 avait été isolée de manière ponctuelle dans quelques hôpitaux, mais elle n'avait jamais été responsable d'une épidémie hospitalière avant mars 2006. A l'époque, cette épidémie de diarrhées infectieuses nosocomiales (contractées dans un établissement de soins) avait touché principalement le département du Nord-Pas-de-Calais.

La plupart des patients infectés sont vulnérables en raison de leur âge avancé, de maladies préexistantes (cardiaques, pulmonaires, immunodépression) ou d'un traitement antibiotique dans les trois mois précédents, rappelle l'étude.

L'infection est responsable de diarrhée et de colites dites "pseudomembraneuses" débutant par des diarrhées liquides abondantes, souvent accompagnées de fièvre et de douleurs, dont les complications peuvent être extrêmement sévères, comme par exemple une perforation du côlon.

L'étude, conduite par les docteurs Martijn Bauer et Ed Kuijper (Université de Leiden, Pays-Bas), a été lancée auprès de 34 pays d'Europe (106 laboratoires et 97 hôpitaux).

Parmi 455 patients infectés, 101 (22%) sont décédés, et l'infection due à une bactérie C.difficile a joué un rôle dans 40% de ces décès.

Selon les auteurs, l'incidence des infections par C.difficile et la distribution des différents types de la bactérie en cause diffèrent grandement entre hôpitaux européens, mais "dans l'ensemble la mortalité attribuable à cette bactérie est remarquablement élevée".

Même si ces résultats qui dépendent de la participation des hôpitaux, ne peuvent être considérés comme représentatifs au niveau national, "de nombreux hôpitaux présentant des taux élevés d'infections à C.difficile se situent dans le nord et le centre de l'Europe", notent les auteurs.

Ils soulignent l'importance de mieux surveiller cet agent infectieux. Les porteurs sains représentent un réservoir de germes, qui peut contribuer à leur dissémination dans l'environnement.