Gynécologie: La Haute autorité de santé recommande un dépistage national organisé du cancer du col de l’utérus

SANTE Chaque année, 3.000 nouveaux cas sont détectés...

Ingrid Gallou

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Representation  du virus du papillomavirus provoquant le cancer du col de l'utérus.
Representation du virus du papillomavirus provoquant le cancer du col de l'utérus. — DURAND FLORENCE/SIPA

C’est un cancer de la femme jeune, qui touche en priorité les moins de 40 ans. Le cancer du col de l’utérus atteint chaque année en France 3 000 nouvelles femmes et en tue encore un millier tous les ans. Une mortalité d’autant plus inacceptable qu’elle est évitable. « Le cancer du col de l’utérus est tellement lent et se guérit si facilement que ce serait dommage de se priver de le dépister », explique Cédric Grouchka, membre du Collège de la Haute autorité de santé (HAS), qui a fait savoir hier qu’elle recommandait aux pouvoirs publics un dépistage national organisé. Un frottis cervico-utérin tous les 3 ans pour les femmes de 25 à 65 ans, même en l’absence de symptôme, déjà mis en place par une douzaine de nos voisins européens.

50 % des femmes pas assez dépistées

« Certes, admet Cédric Grouchka, nous disposons d’un socle de 57 % de la population concernée suffisamment couverte par le dépistage individuel. On ne part pas de rien ». Plus de 6 millions de frottis sont ainsi effectués par les gynécologues chaque année. Sauf que depuis six ans, ce taux stagne. En cause, des disparités très marquées : géographiques d’abord, certaines régions s’apparentant à des déserts médicaux en terme de gynécologues. Socio-économiques ensuite, liées à la méconnaissance et à la crainte du frottis, examen intime s’il en est. En définitive, 50 % des femmes ne sont pas ou peu dépistées, quand 40 % le sont trop souvent. Parmi les premières, « un nombre phénoménal de femmes de plus de 50 ans qui ne voient plus de gynécologue une fois le chapitre bébé terminé, déplore Élisabeth Bernigaud, présidente de la Fédération des comités féminins pour la prévention et le dépistage des cancers ». De quoi expliquer que le pic de mortalité du cancer du col de l’utérus se situe à 50 ans. L’HAS souhaite s’appuyer sur deux piliers : les médecins traitants qui proposeront systématiquement un dépistage et seront appuyés dans leur tâche par un courrier personnel adressé aux femmes sorties du système de santé, ainsi que le contrôle de la qualité des frottis, encore très inégal.

Et la vaccination ?

Le vaccin contre le papillomavirus (responsable de ce cancer) s’adresse aux jeunes femmes de 14 à 23 ans n’ayant pas eu de rapports sexuels. Pour autant, il ne concerne que deux génotypes de papillomavirus, impliqués dans 70 % des cancers du col de l’utérus. Dépistage et vaccination apparaissent donc comme deux méthodes complémentaires. L’existence d’un vaccin ne doit en tous les cas « pas conduire à relâcher l’effort de dépistage », prévient la Haute autorité de santé (HAS).