Antalgiques pendant la grossesse associés à risque d'infertilité masculine

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L'usage par des femmes enceintes d'antalgiques légers comme le paracétamol, l'aspirine ou l'ibuprofène va de pair avec une augmentation des troubles de la reproduction chez l'enfant mâle, selon une étude publiée cette semaine.
L'usage par des femmes enceintes d'antalgiques légers comme le paracétamol, l'aspirine ou l'ibuprofène va de pair avec une augmentation des troubles de la reproduction chez l'enfant mâle, selon une étude publiée cette semaine. — Jean Ayissi AFP

L'usage par des femmes enceintes d'antalgiques légers comme le paracétamol, l'aspirine ou l'ibuprofène va de pair avec une augmentation des troubles de la reproduction chez l'enfant mâle, selon une étude publiée cette semaine.

Publiée dans la revue européenne Human reproduction, l'étude, conduite par des chercheurs danois et français, montre que les femmes qui prennent des antalgiques pendant la grossesse, particulièrement pendant le second trimestre, ont un risque fortement augmenté de cryptorchidie dans leur descendance mâle, et d'autant plus qu'elles en prennent plusieurs à la fois.

La cryptorchidie est une mauvaise descente des testicules, un facteur de risque de mauvaise qualité de la semence, donc d'infertilité, et de cancer du testicule à l'âge adulte.

Pour cette étude, l'équipe du Dr Henrik Leffers, du Rigshospitalet à Copenhague (Danemark), a suivi un groupe de 834 femmes enceintes au Danemark, où l'on utilise plus d'antalgiques qu'ailleurs et on y trouve le plus grand nombre de cryptorchidies en Europe.

L'augmentation du risque était très fortement supérieur.

Ces résultats ont été confortés par les travaux de chercheurs français conduits par le Dr Bernard Jegou de l'Inserm, qui, en étudiant des rats, ont constaté que les antalgiques légers entraînaient une production insuffisante de testostérone pendant la période cruciale de la gestation, quand les organes sexuels mâles se forment.

Les effets des analgésiques, selon les chercheurs, étaient comparables à ceux de perturbateurs endocriniens comme les phtalates, des composés chimiques de plastiques comme le PVC.