Cancer: on en meurt moins et plus tard

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La baisse de la mortalité par cancer s'accélère depuis quelques années mais il reste la première cause de mortalité chez l'homme et la deuxième chez la femme, relève un rapport publié lundi par l'Institut national du cancer (InCA).
La baisse de la mortalité par cancer s'accélère depuis quelques années mais il reste la première cause de mortalité chez l'homme et la deuxième chez la femme, relève un rapport publié lundi par l'Institut national du cancer (InCA). — Stéphane de Sakutin AFP/Archives

A l'exception notable du cancer du poumon chez les femmes, la mortalité par cancer en France connaît une baisse - qui s'est accélérée lors de la dernière décennie - et touche des personnes de plus en plus âgées, selon l'Institut national du cancer (InCA).

Le cancer, dont l'incidence augmente en France, reste la première cause de mortalité chez l'homme et la deuxième chez la femme après les maladies cardio-vasculaires.

En 2010, selon les estimations, environ 146.800 personnes mourront du cancer en France, dont 84.800 hommes et 62.000 femmes.

La baisse de la mortalité est imputable à l'amélioration du dépistage (sein, côlon, utérus) et à la prise en charge thérapeutique. Elle est due aussi à la baisse de l'incidence de certains cancers du fait d'une meilleure hygiène de vie (moins d'alcool et de tabac, des aliments plus sains) et au rattrapage progressif du "retard français en ce qui concerne la prévention", comme le dit à l'AFP Dominique Maraninchi, président de l'InCA.

"Quand la mortalité et l'incidence diminuent ensemble, c'est une bonne nouvelle, ça montre que la prévention commence a payer", note-t-il.

Dans certains cas, l'incidence augmente mais la mortalité diminue, du fait de diagnostics plus précoces et de traitements plus efficaces. Ainsi pour le cancer de la prostate, avec +115% de cas et -21% de décès, ou pour celui du sein, avec +23% de cas et -13% de décès.

Parmi les cancers les plus fréquents, c'est le cancer colorectal qui a le plus baissé, grâce au dépistage.

En 2010, on peut estimer que les hommes atteints mourront surtout du cancer du poumon (21.100 décès), du cancer colorectal ou du cancer de la prostate, qui représentent près de la moitié des décès masculins par cancer.

Chez les femmes cancéreuses, le cancer du sein vient au premier rang des décès suivi du cancer colorectal et du cancer du poumon, un des rares pour lesquels l'incidence et la mortalité ont augmenté. Ces trois cancers représentent 42% des décès féminins par cancer.

Chez les femmes, tabac aidant, le taux de décès par cancer du poumon a plus que doublé sur 20 ans, avec même une accélération sur la période récente.

Plus souvent atteint et plus à risque d'en mourir, l'homme est celui chez qui la baisse du taux de mortalité, de 22% en 20 ans, est la plus notable, avec une accélération de la baisse (19% sur les dix dernières années). Chez la femme, la baisse a été régulière, de 14% sur 20 ans.

Autre fait marquant, la mortalité par cancer touche surtout les personnes âgées, avec sur la période 2003-2007 71% des décès intervenant après 65 ans. La tendance d'ailleurs s'accroît : en 2010, 20% des décès par cancer toucheront des plus de 85 ans.

"La mortalité par cancer rejoint la mortalité naturelle", note le président de l'Inca.

Des disparités existent entre les régions, mais elles se réduisent depuis 20 ans. Seule la région Nord-Pas de Calais est aujourd'hui au-dessus de la moyenne des décès.

L'hygiène de vie joue un rôle essentiel. Ainsi, les taux de décès masculins ont baissé de moitié pour ceux liés à la consommation de tabac et d'alcool, tels que l'ensemble lèvre/bouche/pharynx et l'oesophage.

Pour faire perdurer la tendance, qui devrait s'améliorer encore avec l'impact progressif des politiques de dépistage et les thérapeutiques en constant progrès, il faut "rester mobilisé et garder le cap", insiste le Pr Maraninchi.

La baisse de la mortalité par cancer est aussi observée dans d'autres pays développés.