Santé: l'aluminium met les autorités en fusion

VACCIN Après la parution d'un livre sur ses dangers, «20 Minutes» fait le point sur la controverse...

Ingrid Gallou

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Utilisés comme adjuvants depuis 1926, les sels d'aluminium sont indispensables dans les vaccins très purifiés.
Utilisés comme adjuvants depuis 1926, les sels d'aluminium sont indispensables dans les vaccins très purifiés. — ISOPIX / SIPA

La publication jeudi dernier de l'ouvrage de Virginie Belle Quand l'aluminium nous empoisonne (éd. Max Milo) a conduit les autorités sanitaires à s'exprimer sur le sujet. L'Association française de l'aluminium (Afa) a, elle aussi, réagi avec virulence. Le point sur la controverse.

L'aluminium présent dans les vaccins constitue-t-il un danger?

Utilisés comme adjuvants depuis 1926, les sels d'aluminium sont, selon le Pr Bégué de l'Académie de médecine, indispensables dans les vaccins très purifiés pour stimuler les cellules immunitaires. Ce sont eux qui assurent aux patients une protection pendant plusieurs années.

Pour le Pr Bégué, «ce danger n'est ni connu, ni reconnu, ni dénoncé». En contradiction avec le Pr Gherardi, qui, dans ses derniers travaux, a révélé qu'une partie de l'aluminium migrait vers le cerveau, le Pr Begué affirme que l'«on n'a jamais vu de l'alumium migrer d'un muscle vers le cerveau».

Sur le sujet de la myofasciite à macrophages (maladie liée à l'aluminium contenu dans les vaccins), le professeur évoque des «malades rares ayant peut-être une susceptibilité génétique» et affirme qu'il n'y a, à ce jour, «aucune alerte prouvée». L'Académie devrait se prononcer bientôt sur le sujet.

Les vaccins peuvent-ils se passer d'aluminium?

L'Académie de médecine est ferme sur le sujet: «On ne peut pas s'en passer. Peut-être un jour, mais pas dans ce siècle.» L'Académie, tout comme l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), affirme que «le risque et le bénéfice sont sans commune mesure».

D'autant que la toxicité de l'aluminium serait avant tout «chronique» et s'effectuerait sur la durée. «Toute sa vie, estime le Pr Bégué, on ingurgite de l'aluminium dans des proportions sans aucune mesure avec celle contenue dans les vaccins», faisant référence notamment à l'eau du robinet traitée à l'aluminium.

Quelle est l'utilité de l'aluminium dans les cosmétiques ou les déodorants?

Les sels d'aluminium présents dans les cosmétiques ont la propriété de resserrer les pores de la peau. Leur action est donc avant tout anti-transpirante, ce qui explique sa présence dans les déodorants, mais aussi les fonds de teint ou les crèmes solaires.

Son dosage, réglementé au niveau communautaire, ne peut excéder 20%. Soit tout de même un cinquième du produit. L'Association française de l'aluminium parle pourtant de «toutes petites doses» n'atteignant «jamais les 20% dans les cosmétiques».

Existe-t-il un risque de passage transcutané?

L'Afssaps dit y être attentif. Une étude cutanée in vivo en 2008 ne l'excluait pas. Une évaluation est en cours et sera abordée en commission de cosmétologie par l'Afssaps en décembre ou au début 2011.